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Koweït,  Bahreïn,  Arabie Saoudite,  Moyen-Orient

Les Libanais proches du Hezbollah bannis dans les émirats du Golfe

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 29/03/2016 à 16H20

Koweït City novembre 2012
Koweït City, novembre  © Reuters / Stepahnie Mc Gehee

Le Koweït a décidé d’expulser des dizaines de Libanais pour liens présumés avec le parti chiite pro-iranien Hezbollah. C’est la conséquence directe de la nouvelle politique des monarchies du Golfe sunnites qui ont classé, début mars 2016, le Hezbollah comme organisation «terroriste».


Il est bien loin le temps où le Hezbollah, ses combattants et ses partisans  étaient glorifiés dans tout le monde arabe. Le «Parti de Dieu»  qui incarnait «la résistance» face à Israël est aujourd’hui diabolisé pour son implication dans la guerre en Syrie et ses sympathisants ne sont plus les bienvenus dans les monarchies pétrolières du Golfe.
 
Expulsions du Koweït
Plus de 60 Libanais ont perdu leur permis de résidence et sont condamnés à quitter le petit émirat pétrolier, comme le rapporte le quotidien koweitien Al- Qabas (en arabe). «La sécurité du Koweït est une grande responsabilité et on ne transige pas avec cette question» précise un responsable du ministère de l’Intérieur qui ne donne pas plus de détails sur les raisons de cette décision. Les personnes concernées ont deux mois pour régler leurs affaires avant l’expulsion. Certains «cas dangereux» ont été sommés à quitter le Koweït dans les 48 heures.
Près de 50 000 Libanais de toutes confessions vivent et travaillent au Koweït.
 
Sanctions à Bahreïn
Ce n’est pas la première fois que des Libanais chiites sont bannis d’un pays du Golfe. Le 15 mars 2016, le Bahreïn, royaume dirigé par une dynastie sunnite, avait annoncé l’expulsion de plusieurs personnes pour «appartenance ou soutien au Hezbollah». Les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe  (CCG) , ont mis en place des mécanismes de coordination directe pour identifier les personnes dont la présence n’est pas souhaitable dans la région, affirme le journal koweïtien.   
 
Les pressions de l’Arabie saoudite
L’Arabie saoudite accuse le Hezbollah pro-iranien d’être «une menace pour la sécurité nationale arabe». C’est à l’initiative de Riyad que les monarchies sunnites du Golfe ont décrété le parti chiite libanais comme organisation terroriste. Une sanction qui ratisse large . «Tout résident installé dans le royaume qui soutiendrait ou montrerait une allégeance quelconque à ce qu’on appelle le Hezbollah (...) sera immédiatement expulsé»,  a indiqué une source du ministère de l’intérieur citée par l’agence saoudienne ASP.