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Les mauvaises récoltes au Nord et les futures famines au Sud

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 16/08/2012 à 16H01, mis à jour le 15/11/2012 à 16H02

La sécheresse menace équilibre alimentaire mondial.
La sécheresse menace l'équilibre alimentaire mondial. © Saul Loeb/AFP

Les États-Unis, la Russie et le Canada sont confrontés à de très mauvaises récoltes céréalières. Du coup ressurgi le spectre des émeutes de la faim qui, en 2008, ont secoué la planète et notamment l'Afrique. A l’époque, suite à de mauvaises récoltes, les prix des produits agricoles avaient explosé. Les populations n’avaient plus accès à l’alimentation de base et étaient descendues dans les rues.

Tout commence par de mauvais rendements agricoles. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Russie, les récoltes souffrent d’une sécheresse exceptionnelle. Ainsi dans la vallée de la Volga, il n’a pas plu depuis le mois de mars. En Russie il manque 20 millions de tonnes de céréales soit ce qui est habituellement exporté. Aux Etats-Unis c’est le maïs qui subit les aléas climatiques. Le pays est le premier producteur et exportateur mondial. Or, certains agriculteurs annoncent des récoltes en baisse de 50 %.

Les mauvaises récoltes en Russie Reportage Alban Mikoczy France 2

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De mauvais résultats qui font réagir le marché mondial. A la hausse bien sûr. En juillet, le prix du maïs fait un bond de 23 %. Les cours internationaux du blé suivent la tendance : plus 19 %. Tirés à la fois par les  récoltes médiocres et des prévisions de demande plus forte pour compenser le manque de maïs pour l’alimentation du bétail.

Au final on se retrouve avec des cours proches de ceux de 2008. L'indice des prix des céréales s'est établi à une valeur moyenne de 260 points en juillet, soit une hausse de 17 % en un mois. Cette valeur de 260 points est à comparer au record absolu de l’indice enregistré en avril 2008. Il avait atteint 274 points.

 L'histoire se répète
Tout cela pourrait se limiter à l’anecdote si les autres paramètres qui ont conduit à la crise de 2008 n’étaient pas eux aussi toujours présents. L’augmentation de la demande notamment en Chine et en Inde ne s’est pas ralentie. En Chine en particulier, la consommation de viande et de lait ne cesse de progresser. Or pour nourrir ces bovins il faut, comme partout, des céréales.

D’autre part, le prix du pétrole est lui aussi orienté à la hausse. Certes, sans commune mesure avec la situation de 2007, mais à 116 dollars le baril, il contribue à peser sur les prix agricoles par son impact sur le machinisme et les engrais.

Enfin, et ce n’est pas l’élément le plus négligeable, la part des cultures consacrée aux agro carburants est toujours aussi importante, et détourne les productions de l’alimentation humaine.

La récolte de maîs au Kansas Reportage de Maryse Burgot de France 2

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Tout cela se conjugue avec un système alimentaire mondialisé qui n’a pas revu sa copie depuis 2008. L’abandon quasi généralisé des cultures vivrières rend les pays, et en particulier ceux d’Afrique, particulièrement fragiles aux aléas des prix agricoles.

Seule lueur d’espoir dans un contexte particulièrement difficile, les cours du prix du riz demeurent stables pour le moment.