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Nigeria

Les Nigérians célèbrent leur plat traditionnel: le riz jollof

Par Géopolis (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 22/08/2017 à 17H25, mis à jour le 22/08/2017 à 17H24

Festival riz jollof à Lagos
Sushis et pizzas commencent à arriver dans les grandes villes nigérianes mais sans parvenir à détrôner les plats traditionels comme le riz jollof, célébré le dimanche 20 août 2017 à Lagos. © EMMANUEL AREWA / AFP

Le riz jollof n'est pas le plat traditionnel du Nigeria : c'est une obsession nationale. Dimanche 20 août 2017, des douzaines de chefs et des centaines de visiteurs ont célébré ensemble ce plat à base de riz pimenté à la sauce tomate lors d'un festival en son honneur à Lagos.

Imoteda Aladekomo, 31 ans, est «chef jollof». La jeune femme travaille le riz depuis quatre ans, et sa petite entreprise gastronomique Eko Street Eats est pionnière dans la recherche de recettes déclinant ce plat populaire en Afrique de l'Ouest. «Il ne peut pas y avoir de fête sans riz jollof, et c'est le repas de famille traditionnel du dimanche que l'on attend toute la semaine avec impatience. Le riz jollof, personne n'arrivera jamais à le détrôner, pas même McDonald's ou je ne sais quoi», s'amuse-t-elle au festival en l'honneur de ce plat national le 20 août à Lagos.
 
Pourtant, n'en déplaise aux Nigérians, les origines de ce plat sont férocement contestées. Le mot «jollof» est tiré de «wollof», la langue parlée au Sénégal où le plat est également très populaire. On le retrouve d'ailleurs à travers toute l'Afrique de l'Ouest. «C'est la guerre à chaque fois que l'on parle de ses origines», explique Mo Alatise, un chef autodidacte de 30 ans.

«Vous ne coloniserez pas nos assiettes !»
Heureusement pour cette région du monde déjà bien trop affectée par de nombreux conflits, la paix culinaire est revenue grâce à Jamie Oliver, le célèbre cuisinier britannique. Il s'est lancé dans une préparation de jollof et tout le monde, pour une fois, était d'accord : c'était un échec.
 
C'est d'ailleurs après «tout ce brouhaha autour de Jamie Oliver» qu'Ozoz Sokoh, géologue et blogueuse culinaire de 42 ans, a eu l'idée de ce festival en l'honneur du célèbre plat. «Malgré la guerre entre le Ghana (frère anglophone de la côte ouest) et le Nigeria pour savoir qui a le meilleur jollof, les deux pays se sont unis d'une seule voix, en disant: '‘Vous ne coloniserez pas nos assiettes!’'», raconte Mme Sokoh.
 
Et même si les sushis et pizzas commencent à faire leur entrée discrète dans les grandes villes nigérianes, notamment grâce aux services de livraison à domicile, le riz jollof occupe toujours une place toute particulière dans le cœur de la population jeune et trendy.  «Je suis une grande fan», sourit Jane Ibitola, conseillère financière venue spécialement de Port Harcourt, dans le sud-est du pays, jusqu'à la capitale, pour le festival. «Les jeunes peuvent oublier un temps notre nourriture traditionnelle. Mais dès que tu la quittes, elle te manque encore plus.»