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Les ours bruns d’Europe : une population en hausse

Par Marion Gadéa@GeopolisAfrique | Publié le 15/04/2015 à 09H22, mis à jour le 15/04/2015 à 09H22

Ours dans Pyrénées
Ours dans les Pyrénées. © Franck Fouquet / Biosphoto

Entre 17.000 et 18.000 ours bruns sont recensés en Europe. Comme les autres grands carnivores présents sur le continent, les plantigrades voient leur population augmenter. La situation varie toutefois d’un pays à l’autre. L’ours brun est par exemple toujours en péril dans les Pyrénées françaises et espagnoles, même si les programmes de réintroduction commencent à porter leurs fruits.



Après avoir été au bord de l’extinction au début du XXe siècle, l’ours brun semble avoir repris du poil de la bête. Selon les chiffres communiqués par la Commission européenne, leur nombre est passé de 15.800 en 2005 à 17.000 en 2012, soit une augmentation de 7% en 7 ans dans l’UE. Cette croissance est particulièrement forte dans certaines zones. La plus importante population d’ours vit en Europe centrale, notamment en Roumanie et en Slovénie, ainsi que dans les pays scandinaves.
 
L’ours des Pyrénées toujours menacé
L’ours brun des Pyrénées (françaises et espagnoles) serait pour sa part toujours en péril malgré une progression. 31 plantigrades ont été recensés en 2014, soit six de plus que l’année d’avant, selon un rapport de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Depuis l’été 2014, deux d’entre eux sont décédés, un en France et le second en Espagne.
Cette croissance consécutive aux réintroductions de 1995, 1996 et 2006 est un succès pour les défenseurs de l’ours.  Des associations écologistes comme Férus et celle du Pays de l’ours-Adet estiment toutefois que cette population reste très fragile et que de nouveaux lâchers sont nécessaires à la survie de l’espèce.
 

Reportage: Marie Sophie Lacarrau, Elsa Leroy

L’ours brun : une espèce protégée en Europe
La bonne santé des ours bruns en Europe est liée notamment à la politique européenne menée depuis une trentaine d’années en matière de protection des espèces menacées.
 
-Directive Habitats
L'ours brun européen figure sur la liste des espèces prioritaires au niveau communautaire. Il est protégé par une directive dite «Habitats» du Conseil du 21 mai 1992. Le texte préconise le maintien ou le rétablissement des habitats naturels et des habitats d’espèces d’intérêt dans un état de conservation favorable.
        
-Convention de Berne
L'ours brun bénéficie aussi de la protection de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe du 19 septembre 1979. L’ours brun y est inscrit comme espèce strictement protégée. Les Etats doivent donc prendre les mesures nécessaires pour maintenir la population de faune sauvage à un niveau qui correspond aux exigences écologiques.
 
-Exception pour l’ours brun
La Convention de Berne et la directive Habitats prévoient toutefois des dérogations à la protection de l'ours brun lors de situations exceptionnelles. La capture ou la destruction de spécimens peuvent éventuellement être autorisées pour prévenir des dommages importants aux cultures ou au bétail, mais aussi dans l'intérêt de la sécurité publique et pour assurer la conservation de l'espèce elle-même.
 
Une cohabitation toujours difficile avec l’homme
La recrudescence de grands carnivores et notamment des ours crée des tensions très vives principalement dans les zones pastorales. Le retour des prédateurs près des élevages n’est évidemment pas sans risque. Durant l’été 2014, dans les Pyrénées françaises, 135 bêtes auraient été tuées par l’ours. Un chiffre jugé faible par les associations de défense du plantigrade. Car si le nombre d’ours augmente, les dégâts eux restent stables.

De leur côté, les opposants à la présence de l’ours dans les Pyrénées continuent à s’opposer à toute nouvelle réintroduction d’ours. Une demande pour le moment entendu par la ministre de l’Ecologie française. Ségolène Royale a refusé en juillet 2014 de nouvelles réintroductions pour protéger le pastoralisme. Le dossier ne devrait pas être étudié avant 2016, voire même 2017.