Les pasteurs et les pêcheurs armés du Kenya

Par Laurent Filippi | Publié le 25/12/2013 à 14H32, mis à jour le 07/06/2017 à 11H54

Les frontières du nord du Kenya jouxtent le Soudan et l'Ethiopie. Des affrontements entre les différents groupes ethniques pour s’approprier les bêtes, les pâturages et les points d’eau ont régulièrement lieu au Kenya. Si les conflits ne datent pas d’hier, l'introduction d'armes à feu au sein des populations d’éleveurs et de pêcheurs les a rendus beaucoup plus meurtriers.

Onze photos de Siegfried Modola prises en octobre 2013 dans la zone d’Ilemi et du lac Turkana reflètent cette situation.

  • Ilemi
    01 /12
    Ilemi

    Le Triangle d'Ilemi a beau être contrôlé par le Kenya, ce territoire reste revendiqué par l’Ethiopie et le Soudan. A l'époque coloniale, des traités avaient été mis en place pour faciliter le déplacement des Turkanas, bergers nomades kényans, entre le lac Turkana, le sud du Soudan et l’Ethiopie. A l’intérieur de ces frontières toujours contestées, la violence n’est pas rare entre gardiens de troupeaux et pillards. © Siegfried Modola

  • Turkana
    02 /12
    Turkana

    A l'origine, les Turkanas sont des pasteurs, dont les trois quarts de la population sont nomades. Aujourd’hui, la grande majorité vit principalement près du Lac Turkana. Le peu de points d'eau de ce territoire en font une zone très convoitée. © Siegfried Modola

  • Omo
    03 /12
    Omo

    De l’autre côté de la frontière en Ethiopie, le long de l’Omo, une rivière qui se jette dans de lac Turkana, habitent la plupart des 24.000 membres de l’ethnie des Dassanetch. © Siegfried Modola

  • Dassanetch
    04 /12
    Dassanetch

    Le gouvernement éthiopien, qui a voulu développer l'agriculture intensive comme la canne à sucre et le coton, a réquisitionné les pâturages et déplacé les populations. Les Dassanetch en manque de terre, d'eau et de poissons pénètrent de plus en plus loin en territoire kényan et vers le lac Turkana. © Siegfried Modola

  • Sécheresses
    05 /12
    Sécheresses

    Le Kenya, qui a subi de nombreuses sécheresses ces dernières décennies, a également vu ses pâturages se réduire considérablement. Celle qui avait frappé le pays et décimé des troupeaux entiers dans les années 60 avait été le point de départ de la reconversion de nombreux éleveurs en pêcheurs. © Siegfried Modola

  • Mangeur poisson
    06 /12
    Mangeur de poisson

    Le gouvernement kényan avait à l’époque fourni des filets et incité les populations à se tourner vers cette nouvelle activité. Le changement avait été très difficile car, dans la tradition kényane, le statut d'un homme est lié à l’importance de son bétail. D’ailleurs, dans ce pays, être un mangeur de poisson est une insulte. © Siegfried Modola

  • Pêcheurs
    07 /12
    Pêcheurs

    Grâce à la pêche, certains ont pu mettre de l'argent de côté et racheter des troupeaux, redevenant ainsi pasteurs. © Siegfried Modola

  • Armes à feu
    08 /12
    Armes à feu

    La surexploitation du lac, le manque de nourriture et la pénurie de pâturages alimentent un conflit déjà ancien entre les Dassanetchs et les Turkanas. Ces derniers, comme ceux vivant près Todonyang, à l'extrême nord du pays, n'hésitent plus à s’équiper d’armes à feu. © Siegfried Modola

  • AK-47
    09 /12
    AK-47

    Les arcs et les flèches ont d’abord été remplacés par des fusils, puis par des armes automatiques plus sophistiquées. Il n’est pas rare de voir des hommes et des enfants équipés d’AK-47, la célèbre Kalachnikov© Siegfried Modola

  • Illégales
    10 /12
    Illégales

    De plus, il est aujourd'hui difficile de faire la part entre les armes légales et illégales fournies par la police du Kenya et les armes de contrebande alimentées par les conflits des pays limitrophes. © Siegfried Modola

  • Le Gibe III
    11 /12
    Le Gibe III

    Les ONG et les experts tirent aussi le signal d'alarme sur d’autres problèmes qui risquent de fragiliser encore plus la situation des populations. La construction sur l’Omo, en Ethiopie, de Gibe III, le plus haut barrage d'Afrique, risque d’assécher une partie du Lac Turkana. D’autre part, les récentes découvertes de gisements pétroliers au Kenya risquent d’amener elles aussi leurs lots de problèmes. © Siegfried Modola

  • CARTE KENYA
    12 /12
    CARTE KENYA

    CARTE KENYA © Geopolis