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Moyen-Orient,  Afrique

Les pays en guerre six fois plus menacés par la famine, selon la FAO

Par Dominique Cettour Rose@GeopolisAfrique | Publié le 22/12/2017 à 11H28

Un adolescent cultive sorgho au nord Bahr al Ghazal au Soudan Sud.
Une adolescent prépare la terre de sa famille avant la palntation du sorgho, céréale cultivée pour ses graines et son fourrage. © ALBERT GONZALEZ FARRAN / AFP

Les conflits et les crises qui perdurent dans les pays d'Afrique du Nord et au Moyen Orient provoquent des pics d'insécurité alimentaire pour les populations. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que le niveau de sous-alimentation dans des pays comme le Soudan, la Libye ainsi que le Yemen, l'Irak et la Syrie, est «six fois supérieur» aux autres pays.


La FAO tire la sonnette d'alarme sur la sécurité alimentaire qui se détériore dans les pays d'Afrique du Nord et du Moyen Orient directement touchés par des conflits longs ou des crises à répétition.

Dans son rapport 2017, publié au Caire, l'organisation estime que «le niveau de sous-alimentation est maintenant six fois plus important» dans ces pays: environ 27,2% de personnes étaient chroniquement affamées ou sous-alimentées au cours de la période 2014-2016, contre 4,6% en moyenne dans les pays non touchés par des troubles.

Cette situation entrave les efforts déployés par la FAO visant, à l'horizon 2030, à «éradiquer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l'agriculture durable» dans cette région.

 
«La prévalence de la sous-alimentation dans les pays en conflit de la (région) est similaire à celle des pays les moins avancés (PMA) du monde», souligne l'organisation.

«Des niveaux élevés de retard de croissance»
Le rapport précise que «les dépenses portant sur la violence et l'amélioration de la sécurité tendent à évincer les dépenses sur les autres priorités», note la FAO. Entre 21% et 67% du PIB de ces pays ont été destinés à commettre, contenir ou prévenir des actes de violences. Le document évoque «des niveaux élevés de retard de croissance», y compris pour les pays à revenus élevés de la région, même si elle ne dispose pas de données récentes dans le domaine.

Au Yemen, pays embourbé dans un conflit qui l'oppose aux rebelles chiites houthis, et qui vit la «pire crise humanitaire au monde» d'après l'ONU, des millions de personnes sont directement menacées par la famine. Depuis mars 2015, une coalition de pays arabes, dirigée par l'Arabie saoudite, intervient militairement dans ce qui ressemble à une guerre d'usure.

Au Soudan du Sud, où l'Onu a décrété la fin de la famine en juin 2016, la crise alimentaire et humanitaire se poursuit sur fond de guerre civile.

Difficile dans ces conditions d’améliorer le bien-être des populations. «Mettre en oeuvre en œuvre des politiques et des pratiques globales et à long terme pour atteindre l’objectif "Faim Zéro" d'ici à 2030», c'est l'objectif que s'est pourtant fixé la FAO. Son sous-directeur général et représentant régional, Abdessalam Ould Ahmeda, table sur une «amélioration de la coopération et la solidarité» afin que la région NENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) parvienne «à mettre fin aux conflits et à la violence et renoue avec le développement».