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Les Tchadiens interdits accès aux Etats-Unis, les Soudanais retirés de la liste

Par Géopolis (avec agences)@GeopolisAfrique | Publié le 25/09/2017 à 15H00

Aéroport JFK New York
Les Tchadiens interdits d'entrée aux Etats-Unis à partir du 18 octobre 2017. © Alexander F. Yuan/AP/SIPA

L’administration Trump a ciblé le Tchad, l’un des pays les plus engagés contre les groupes djihadistes au Sahel, dans sa nouvelle politique migratoire. Le Soudan, l'un des six Etats musulmans visés par le précédent décret, a été, lui, retiré de la liste «noire».


La décision est tombée dimanche 24 septembre 2017. La Corée du Nord, le Venezuela et le Tchad ont été intégrés à la liste des pays visés par le décret migratoire américain (lien en anglais) pour des manquements à la sécurité sur leurs voyageurs et un manque de coopération avec Washington. Tous les citoyens tchadiens sont désormais interdits d’accès sur le territoire américain à partir du 18 octobre 2017. Le Soudan, l'un des six pays musulmans visés par le précédent décret, a été retiré de la liste.
 
Le nouveau texte interdit ou limite l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants étrangers de huit pays au total, dont également l'Iran, la Libye, la Syrie, la Somalie et le Yémen. Les mesures de restriction sont différentes selon les pays. Tous les citoyens de Corée du Nord et du Tchad sont interdits d'accès au territoire américain, alors que l'interdiction se limite aux membres d'une longue liste d'instances gouvernementales vénézuéliennes et à leur famille.

 
Version amendée
Le président américain avait soutenu début 2017 avoir besoin d'une période de 90 jours d'interdiction d'arrivée des ressortissants de six pays musulmans (Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen), ainsi que de 120 jours d'interdiction des réfugiés du monde entier, afin de mettre en place de nouveaux filtres d'admission.
 
Après cinq mois de contentieux devant les tribunaux, une version amendée du décret est entrée en vigueur le 29 juin. Sa durée d'application s'achevait le dimanche 24 septembre.
 
Pourquoi le Tchad ?
Comment un pays aussi engagé contre le terrorisme s’est-il retrouvé épinglé par Donald Trump? Le Tchad a été pourtant ajouté même s'il est, selon le décret, «un partenaire important et de valeur pour le contre-terrorisme». Le décret note la présence sur le sol tchadien de différents groupes djihadistes comme le groupe Etat islamique, Boko Haram ou al-Qaïda au Maghreb islamique. Et N'Djamena «ne partage pas de manière adéquate les informations concernant la sécurité du public et le terrorisme».
 
 
Le président Idriss Déby absent à New York
Le président tchadien Idriss Déby Itno ne s'était pas rendu à l'assemblée générale des Nations Unies à New York, alors qu'une réunion relative au G5 Sahel était prévue de longue date. Cette force soutenue par la France, qui réunit outre le Tchad, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Mauritanie, est encore en formation. Son financement est loin d'être bouclé: seulement 50 millions d'euros ont été promis sur les 450 millions jugés nécessaires. Pour le président tchadien, son pays, déjà en proie à une sévère crise économique et sociale, aggravée par la faiblesse des cours du pétrole, n’arrive plus à faire face financièrement à son engagement militaire dans le Sahel.

 
Son absence à l’ONU s’expliquerait, selon une source citée par l’AFP, par le désir d’Idriss Déby d’obtenir plus d’aides internationales. «Par cette attitude (Déby) fait du chantage aux Occidentaux pour qu'ils mettent des moyens à sa disposition. Le Tchad n'a pas les moyens financiers pour faire face aux difficultés du moment», note cette source.
 
Le Tchad n’a pas encore réagi officiellement à cette mise à l’index de la part de l’administration Trump.