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Les touristes chinois, une manne pour le Maroc

Par Catherine Le Brech@GeopolisAfrique | Publié le 26/02/2018 à 09H31

Des touristes asiatiques visitent Tour Hassan à Rabat 22 février 2017.
Des touristes asiatiques lors de la visite de la Tour Hassan à Rabat, le 22 février 2017. © FADEL SENNA / AFP

La suppression des visas pour les ressortissants chinois se rendant au Maroc, en juin 2016, a eu un effet attractif auprès des visiteurs de l’Empire du Milieu. S’il existe encore de nombreux freins au développement de ce tourisme venu d’Asie, le royaume a pris la mesure des enjeux qui y sont liés.


Le nombre de touristes chinois a bondi au Maroc. Une bonne nouvelle pour le royaume, d’autant que ces visiteurs ont un fort pouvoir d’achat, avec quelque 1400 dollars dépensés par personne et par séjour de 6 à 8 jours.

Depuis le 1er juin 2016, date d’entrée en vigueur de la suppression des visas pour les Chinois se rendant au Maroc, leur nombre a considérablement augmenté. Ils sont passés de 42.000 en 2016 à 118.000 un an plus tard.


Pour autant, les choses ne vont pas d’elles-mêmes dans ce secteur, qui manque notamment de guides parlant le mandarin voire d’infrastructures hôtelières suffisantes, à hauteur des attentes de ces visiteurs asiatiques.

Sur Medias24, un opérateur marocain met l’accent sur les efforts à mener pour attirer ces touristes «qui voyagent le plus souvent dans le cadre de destinations combinées». Selon lui, il faudrait davantage de promotion institutionnelle dans les médias, surtout sur les réseaux sociaux chinois, et des liaisons aériennes directes entre le Maroc et la Chine. «Si Royal Air Maroc ouvrait une liaison directe entre Pékin et Casablanca, le nombre d’arrivées chinoises augmenterait du jour au lendemain d’au moins 30%, mais d’après nos informations, la compagnie nationale n’a pas prévu cette éventualité avant au moins 3 ou 4 ans», précisait-il début 2018.

Le professionnel déplore également la mainmise de certains opérateurs douteux sur ce marché. Lesquels proposent le plus souvent des séjours bas de gamme qui risquent de décrédibiliser la destination avant même qu’elle ne décolle.

Une destination à développer et des défis à relever
Bien que confiant, l’ambassadeur de la Chine à Rabat M.Li Li, qui s’exprimait début février 2018 dans le cadre d’un Forum maroco-chinois pour la coopération touristique, a aussi mis l’accent sur les défis à relever. Défis qui relèvent, selon lui, de «la langue, la différence de mentalités et la gastronomie».


De son côté, la secrétaire d’Etat marocaine chargée du Tourisme, Lamia Boutaleb, en est convaincue: «Le Maroc est prêt à faire ce qu’il faut pour attirer le touriste chinois et pour qu’il se sente chez lui. Nous travaillons sur la formation de davantage de guides touristiques parlant le mandarin, mais aussi pour attirer plus de restaurateurs chinois, pour avoir plus de signalétiques dans les aéroports et ailleurs à destination de cette clientèle importante pour nous.»

Pas de doute, le Maroc ne veut pas passer à côté de cet énorme marché. Les Chinois pourraient être 240 millions à voyager en 2020 dans le monde (120 millions actuellement). Le Maroc en attend 500.000 et, à terme, plus d’un million par an, selon les prévisions du ministère du Tourisme marocain. Une véritable manne!