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Libye: un «Front» pour la démocratie annonce avoir déposé plainte contre Sarkozy

Par Falila Gbadamassi avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 08/10/2017 à 17H52, mis à jour le 08/10/2017 à 19H37

Nicolas Sarkozy 19 mars 2011 à l'Elysée
Nicolas Sarkozy le 19 mars 2011 à l'Elysée. Le président français annonce le lancement de l'intervention française en Libye, sous mandat onusien.    © LIONEL BONAVENTURE / POOL / AFP

Le Front international des sociétés civiles panafricaines (Fispa), dont la mission est la promotion de la démocratie, vient de voir le jour au Mali. L'organisation a annoncé qu'elle avait déposé une plainte le 7 octobre 2017 auprès de la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président français Nicolas Sarkozy «pour avoir déclenché la guerre en Libye».


Plusieurs organisations de la société civile ouest-africaine, dont «Y'en a marre» (Sénégal) et «Balai Citoyen» (Burkina Faso), ont créé le 7 octobre 2017 à Bamako, au Mali, «le Front international des sociétés civiles panafricaines (Fispa) pour promouvoir la démocratie, la dignité de l'Afrique et les droits de l'Homme».

La structure a été lancée à l'initiative de «plus de quinze associations et organisations de la société civile», a indiqué le rappeur sénégalais Simon Kouka, membre de «Y'en a marre», mouvement citoyen sénégalais qui a été en pointe dans le combat contre un troisième mandat du Sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).

«Pour nos premières actions, nous annonçons une plainte déposée ce jour à la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président (français) Nicolas Sarkozy pour avoir déclenché la guerre en Libye, ce qui a entraîné la mort du colonel Kadhafi», a dit à l'AFP l'artiste guinéen Elie Kamano. Il a été arrêté en juillet 2017 dans son pays pour avoir participé à une manifestation non autorisée contre le chef de l'Etat, Alpha Condé. 

Une action judiciaire auprès de la CPI
Selon le nouveau  «Front», la plainte contre Nicolas Sarkozy a été déposée le matin du 7 octobre 2017 à La Haye par un avocat basé au Canada. «Beaucoup de gens se sont offusqués, mais il n’y a eu aucune action et cette action, je crois, arrive à son heure pour dire: il est temps. Ce que nos dirigeants n’ont pas réussi, à nous de le réussir, a confié Simon Kouka  à RFI. Pour aussi la dignité africaine, car c’est un président africain qui a été assassiné.»

«Nous pensons que l'assassinat du colonel Kadhafi était un règlement de compte personnel, et l'assassinat du colonel Kadhafi a déstabilisé tout un continent», a déclaré pour sa part le chanteur Tiken Jah Fakoli sur les antennes de RFI. 

En février 2011, dans le sillage du Printemps arabe, une contestation contre le régime de Kadhafi, violemment réprimée, débute à Benghazi, dans l'Est, avant de s'étendre. Une coalition, menée par Washington, Paris et Londres, lance une offensive en mars, après un feu vert de l'ONU. L'Otan prendra ensuite les commandes des opérations aériennes.

Le 20 octobre, Kadhafi, en fuite depuis la prise de son QG à Tripoli par les rebelles en août, est tué dans le dernier assaut contre sa région d'origine, Syrte, à l'est de Tripoli.