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Lutter contre la corruption, première mission pour Cyril Ramaphosa

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 16/02/2018 à 12H07, mis à jour le 16/02/2018 à 12H07

Cyril Ramaphosa prête serment
© REUTERS/Rodger Bosch

On s’en doutait, tellement il y a urgence. La lutte contre la corruption sera au centre du programme du nouveau président Cyril Ramaphosa. Il en a fait l’axe central de son discours à la Nation, vendredi 16 février 2018. Cette volonté lui a déjà fait gagner le cœur des membres de son parti, l’ANC, en décembre 2017, ce qui l’a conduit au pouvoir.


Les premiers pas du nouveau président à l’Assemblée, le 15 février, ont laissé l’opposition sceptique. Pour le chef de l’Alliance démocratique, Mmusi Maimane, l’élection de Ramaphosa ne met pas fin aux problèmes de l’Afrique du Sud. Mais il lui apportera son soutien s’il agit dans l’intérêt du peuple. Il a cependant réclamé des élections anticipées. «Nous n’avions pas de problème avec Jacob Zuma. Nous avons un problème avec l’ANC. Il est l’heure pour notre pays de demander au peuple de se prononcer pour un nouveau mandat.»

L'ANC au plus mal
Mais il est peu probable que Ramaphosa appelle à des élections anticipées. Car la côte de l’African National Congres est en chute libre. L’hégémonie du parti de Nelson Mandela s’effrite, au fur et à mesure que passent les années… et les affaires de corruption. Ramaphosa a  sans doute besoin de résultats, dans la lutte contre la corruption et dans le redressement économique avant de se présenter devant les électeurs.

Le clan Gupta poursuivi 
Une lutte anticorruption qui semble en tout cas déjà engagée. Depuis l’arrivée de Ramaphosa à la tête de l’ANC, le fameux et sulfureux clan Gupta est dans l’œil du cyclone. Selon le journal The Star, Un des frères Gupta, Atul a même été arrêté le 14 février, alors qu’il tentait de fuir le pays par avion (lien en Anglais).


Et Jacob Zuma à peine parti, son fils Duduzane est activement recherché par la police, pour son implication supposée dans le scandale de la ferme Estina. Le fils Zuma et Atul Gupta sont associés dans de nombreuses affaires. Selon la presse sud-africaine, Duduzane Zuma est clairement à la porte de la prison.
 
Et Jacob Zuma ?
Le livre d’un journaliste sud-africain a fait beaucoup de bruits en 2017. The President’s Keepers, de Jacques Pauw, passe en revue le «système Zuma». «Le thème central du livre est de montrer comment Jacob Zuma a quasiment fait de l’Afrique du Sud un Etat-gangster et comment il a pris le contrôle de chaque institution chargée de faire respecter la loi», expliquait l’auteur. Pauw n’est pas le premier à dénoncer le système mafieux installé par Zuma. Mais l’ancien président n’a jamais été mis en minorité. Il a réussi à repousser six motions de défiance au Parlement, et est resté protégé par son immunité présidentielle. Désormais, il est seul face aux enquêteurs, aux juges et… à Cyril Ramaphosa.