Madagascar: à Sava, capitale mondiale de la vanille, une épice sous surveillance

Par Laurent Filippi | Publié le 05/08/2018 à 13H02

Ces dernières années, le prix de la vanille s’est envolé. Pourtant à Madagascar, qui produit 80% de la production mondiale, les agriculteurs ne se réjouissent pas de cette situation. Et subissent depuis stress et détresse. La reine des épices, très prisée en gastronomie, est victime de voleurs qui n’hésitent pas à piller les récoltes. Les paysans s’arment.

8 photos de Clarel Faniry Rasoanaivo illustrent ce propos

  • Selon ministère Commerce
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    Selon le ministère du Commerce,

    Madagascar produit chaque année jusqu'à 6.000 tonnes de vanille, loin devant l'Indonésie. En 2016, l’épice de Madagascar, la plus cotée de l'océan Indien, a atteint un pic record de 635 dollars le kilo. Cette flambée des prix a été provoquée par la demande grandissante sur le marché haut de gamme d’une vanille naturelle, en opposition à une vanille synthétique. Si depuis, le prix a légèrement diminué à 530 dollars, il reste suffisamment élevé pour attiser la convoitise des voleurs. © Clarel Faniry Rasoanaivo / Reuters

  • Jao Nasaina
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    Jao Nasaina,

    un agriculteur qui a perdu toute sa récolte en 2017, a déclaré à Reuters: «Ils ont coupé toute la vanille, les gousses. Et les emportent dans des sacs. Alors maintenant, je suis devenu plus vigilant.»   © Clarel Faniry Rasoanaivo / Reuters

  • A l'extrémité nord-est Madagascar
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    A l'extrémité nord-est de Madagascar,

    dans les forêts de la région de Sava, capitale mondiale de la vanille, se trouvent entre 25.000 et 30.000 hectares de plantations. Les cultivateurs sillonnent leurs champs armés de lances et de pistolets pour protéger les précieuses gousses. En 2017, les policiers ont arrêté près d’un millier de voleurs. © Clarel Faniry Rasoanaivo / Reuters

  • «Ceux qui ont armes à feu viennent avec armes à feu.
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    «Ceux qui ont des armes à feu viennent avec des armes à feu.

    Ceux qui ont des lances viennent avec des lances. D'autres apportent des bâtons, des pierres et des barres de fer», raconte un membre d'un des comités de surveillance qui patrouillent dans les plantations. Il ajoute: «Nous sommes armés parce que les voleurs sont armés. Il n'y a pas de choix.» © Clarel Faniry Rasoanaivo / Reuters

  • En 2017 pour empêcher ces vols
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    En 2017, pour empêcher ces vols,

    les agriculteurs ont cru trouver une parade. Ils ont récolté les gousses plus jeunes, avant qu’elles n’arrivent à maturité. Malheureusement, cette pratique s’est avérée désastreuse car cueillie prématurément, la vanille perd de sa qualité et de son goût. © Clarel Faniry Rasoanaivo / Reuters

  • Cette récolte précoce a fait beaucoup tort
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    Cette récolte précoce a fait beaucoup de tort

    à la réputation de qualité supérieure de la production de Sava. La vanilline, le composé organique qui donne à l’épice son goût sucré caractéristique, a chuté de 1,8% à 1%, a déclaré le responsable du ministère du Commerce, Josielle Rafidy. Du coup, certains acheteurs étrangers n’ont pas hésité à renvoyer leur produit. © Clarel Faniry Rasoanaivo / Reuters

  • Aujourd’hui surveillance accrue
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    Aujourd’hui, une surveillance accrue

    s’est développée autour des plantations pour empêcher que cette vanille de luxe ne soit récoltée avant terme. Les gousses cueillies prématurément sont interceptées puis détruites», a précisé Besoa, le chef de la police de Sava. © Clarel Faniry Rasoanaivo / Reuters

  • Mais pour agriculteurs cette sécurité supplémentaire a coût.
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    Mais pour les agriculteurs, cette sécurité supplémentaire a un coût.

    Elle a rendu la vanille malgache moins compétitive face aux variétés indonésiennes ou à la vanilline synthétique qui domine l'industrie alimentaire mondiale. «La vanilline extraite d'autres produits tels que les clous de girofle ou d'autres espèces commence à s'implanter et à intéresser les acheteurs sur le marché international», a déclaré Josielle Rafidy. Une situation qui inquiète grandement les agriculteurs et producteurs malgaches. © Clarel Faniry Rasoanaivo / Reuters