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Madagascar cherche l’autosuffisance en riz, la nourriture de base sur l’île

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 09/10/2018 à 09H37

Rizière à Madagascar
Rizière dans la région de Menabe à Madagascar. © MONTICO LIONEL / HEMIS.FR

C'est un bel exemple de développement local. La Banque africaine de développement (BAD) a accompagné la remise à niveau des rizières du sud-ouest de l'île de Madagascar. L'augmentation importante des rendements laisse espérer que la Grande île soit, un jour, autosuffisante en riz. La consommation principale de la population.


La Banque africaine de développement s’enorgueillit d’être à l’origine de la résurgence de l’économie rizicole du sud-ouest de l’île, la région du Bas Mangoky, de Manombo Ranozaza et de Taheza, au nord de la ville de Tuléar.

En 20 ans, elle a investi près de 150 millions de dollars dans le secteur, lui permettant de devenir le plus gros grenier à riz du pays. En 2010, la zone rizicole d’une étendue de 12.000 hectares était économiquement au plus bas. Les rendements ne dépassaient pas les 2,5 tonnes à l’hectare. En 2017, grâce au plan, ils atteignaient les 10 tonnes, pour une production totale de 50.000 tonnes sur deux récoltes annuelles.
 
La BAD affirme n’avoir jamais lâché le pays, malgré la grave crise politique qu’il a traversée en 2009. Elle n’a pas suspendu ses investissements et continue à suivre le pouvoir politique dans ses choix de développement, notamment du bassin du Bas Mangoky. Les ruraux représentent 72% de la population et bien sûr, l’agriculture est prédominante. Dans cette région du sud-ouest de l’île, il ne pleut guère et de façon très irrégulière. La culture du riz ne peut se concevoir qu’en irriguant.

Irrigation
Mais cette zone irriguée a souffert du manque d’entretien des canaux, entraînant des rendements trop faibles. A Bezaha, moins de 20% des surfaces bénéficiaient alors d’une bonne irrigation. Pire, un quart des rizières avait dû être abandonnées par manque d’eau.

Le programme a assuré la remise en état des canaux d’irrigation qui étaient en grande partie ensablés. Le nettoyage a permis de porter la zone irriguée de 1200 à 5000 hectares. Du coup, le rendement moyen a bondi de 2,5 tonnes à 6 tonnes par hectares.

Pour assurer la gestion de l’eau et l’entretien des équipements, 6500 riziculteurs se sont organisés en 22 associations d’usagers de l’eau. Aujourd’hui, grâce à la hausse des rendements, 245 d’entre eux sont devenus de petits entrepreneurs, spécialisés en riziculture.
 
L’importance du riz à Madagascar
Les Malgaches en consomment 200 kilos par an et par personne et la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins de la population.

Sur les cinq dernières années, les importations s’élevaient entre 230.000 et 420.000 tonnes, contribuant à appauvrir un peu plus un pays exsangue. Les surfaces emblavées en riz ont beau être conséquentes, plus d'un million d’hectares, le rendement y est globalement très faible. En cause, une irrigation désastreuse qui ne permet pas de produire plus de trois tonnes à l’hectare. «Il est donc impératif de produire beaucoup plus, afin que la production locale additionnelle se substitue à ces importations», explique l’Agence malagasy de développement économique.

L’exemple du Bas Mangoky est un encouragement à poursuivre le développement de la production. Seule la modernisation de la riziculture conduira à l’autosuffisance.