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Madagascar,  Afrique

Madagascar : les îles françaises Eparses s'invitent dans la présidentielle

Par Dominique Cettour-Rose avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 25/10/2013 à 13H54, mis à jour le 25/10/2013 à 13H54

Hery Madagascar
Un jeune garçon porte des drapeaux de la campagne du candidat à la présidentielle, Hery Rajaonarimampianina, lors de son dernier meeting de campagne à Antananarivo, le 23 octobre 2013. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La dernière ligne droite de la campagne électorale pour l'élection présidentielle du 25 octobre 2013 a été marquée par l’allocution télévisée d'Hery Rajaonarimampianina, candidat du pouvoir. L'ex-ministre des Finances a promis, s’il est élu, de se «battre» pour récupérer les îles Eparses, quatre îlots de l'océan Indien restés français après l'indépendance de Madagascar en 1960.

«Je promets de me battre pour la restitution de nos îles», a-t-il déclaré le 24 octobre 2013, dans un discours télévisé. L’île de Madagascar revendique, en effet, quatre îles Eparses ─ sur cinq ─ situées dans le Canal du Mozambique, à l'ouest de ses côtes: Bassas da India, Europa, les îles Glorieuses et Juan de Nova.

Rattachées aux Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), les îles Eparses ne sont pas habitées en permanence et sont occupées à tour de rôle par des militaires ou des scientifiques. Possession de la France depuis 1896, elles sont placées sous l'autorité du ministre chargé des départements d'Outre-mer depuis le 1er août 1960. Elles ont été classées réserve naturelle en 1975.

Les enjeux économiques de la zone économique exclusive (ZEE) où se situent les Eparses ne se limitent pas à la pêche. Car la découverte, depuis fin 2010, de richesses en hydrocarbures (gaz et pétrole) fait de cette zone une région convoitée. 

Vidéo TAAF (Terres australes et antarctiques françaises)

«Cela fait dix ans que Madagascar se bat pour avoir ces îles. Elle contiennent beaucoup de richesses, d'où la difficulté de la récupérer», a ajouté M.Rajaonarimampianina, lors de son intervention télévisée.

Mais le candidat implicite du président de transition, Andry Rajoelina, réussira-t-il, avec cette revendication de dernière minute, à convaincre les huit millions d'électeurs (sur 20 millions d'habitants, puisque la moitié de la population malgache, soit environ 10 millions de personnes, à moins de 18 ans, NDLR). Trente-trois candidats sont en lice bien que, selon l'analyste Jean Eric Rakotoarisoa, «les électeurs vont choisir entre cinq ou six candidats sérieux».

Les Malgaches attendent de cette élection un retour à l'ordre constitutionnel, plus de quatre ans après le renversement du président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, alors maire d'antanarivo, en mars 2009. Les deux hommes, dont la candidature a été annulée en août 2013 par la Cour électorale spéciale (CES), soutiennent chacun leur candidat. De son exil sud-africain, Marc Ravalomanana ─ au pouvoir de mai 2002 à mars 2009 ─ a appelé ses partisans à s’unir derrière la candidature de Jean-Louis Robinson, son ancien ministre de la Santé.

L'annonce des résultats définitifs est attendue en janvier 2014, après l'organisation, le 20 décembre 2013, d'un éventuel second tour et d'élections législatives. Lors de la dernière présidentielle de 2006, le taux de participation était de 60%.