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Malgré les promesses, l'Europe peine à accueillir les migrants

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 12/11/2016 à 09H47, mis à jour le 12/11/2016 à 09H50

Migrants érythréens
Migrants érythréens. © REUTERS/MOAS/Darrin Zammit

En 2015, l'Union européenne décidait d'assurer l'accueil des migrants qui, venus des pays en guerre, se pressaient à ses frontières. A l'époque, l'Allemagne a accueilli plus d'un million de réfugiés. Regroupés en Grèce, en Italie ou encore en Hongrie, les réfugiés attendent un feu vert d'installation dans un pays européen. Tout cela se fait au compte-gouttes, au grand dam des ONG.


La relocalisation, ce terme barbare emprunté au lexique de l’économie, concerne un système mis en place par l’Union européenne afin de venir en aide aux milliers de migrants qui se pressent à ses frontières. Selon les termes de la Commission européenne,  c’«est le transfert de personnes ayant besoin d’une protection internationale d’un Etat membre de l’UE vers un autre Etat membre de l’UE».
 
Grèce et Italie sont les deux Etats membres les plus touchés. Plus de 30.000 demandes d’asile en 2015 pour l’Italie, soit une hausse de 27%. Pour la Grèce, l’augmentation a également atteint les 30%.
 

Reportage AFP vidéo mis en ligne le 7 novembre 2016

Le plan adopté en 2015 prévoit le relocalisation en deux ans de 120.000 personnes se trouvant en Grèce, Hongrie et Italie. En fait, sur les 66.400 inscrits en Grèce, à peine plus de 5000 sont partis en 13 mois. Ainsi, la France n’a accueilli que 2700 migrants à ce jour, plaçant pourtant le pays en tête des accueillants.
 
Le chiffre est faible. En revanche, l’opposition à l’accueil des migrants est vive en Europe. Ainsi en Hongrie, le Premier ministre Victor Orban a échoué de peu à faire passer une loi anti-relocalisation au Parlement. Il avait échoué également lors d’un référendum sur le même thème en octobre 2016. Deux échecs, mais dans le cadre du groupe de Visegrad, la Hongrie, tout comme la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, prônent une «solidarité flexible», «chaque pays de l'UE doit aider à faire face au problème migratoire à son niveau, en fonction de ses capacités».
 
La relocalisation des 120.000 migrants patine. «A ce rythme, annonce Monica Costa d’Amnesty International, citée par France culture, «cela prendra 18 ans pour que soient respectés les engagements en matière de relocalisation pris il y a un an.»