Clap

Société,  Maroc,  Afrique

Maroc: la jockey Zineb el Briouil très à cheval sur l'égalité homme/femme

Par Véronique le Jeune@GeopolisAfrique | Publié le 08/06/2017 à 14H33, mis à jour le 08/06/2017 à 17H48

La jeune jockey marocaine Zineb el Briouil sur jument Fehria
La jeune jockey marocaine Zineb el Briouil sur la jument Fehria dispute un prix international sur l'hippodrome de Marrakech en mai 2017. © Abderrahmane MOKHTARI / AFP

Zineb fait la fierté de son père. C'est lui qui lui a mis le pied à l'étrier quand elle était enfant. A 18 ans, cette passionnée de cheval rêve de s'imposer dans une discipline dominée par les hommes. Un défi à sa portée: elle est la seule des trois femmes jockeys marocaines à avoir remporté 12 courses nationales, opposée uniquement à des garçons. Une manière de militer pour l'égalité des sexes.

 
Comme une seconde nature, Zineb el Briouil a très tôt passé sa vie avec les chevaux. Elle a commencé par pratiquer le saut d'obstacle dès l'âge de neuf ans. «Puis je suis passée aux courses, raconte-t-elle, j'ai étudié pendant trois ans à l'Institut national du cheval de Dar el Salam à Rabat, une année comme soigneuse et deux ans en tant que jockey.»

Vidéo AFP du 6 juin 2017

Zineb voudrait faire des émules
Le virus lui vient de son père: «J’ai beaucoup travaillé avec les chevaux, dit cet homme modeste. Nous sommes une famille qui aime les chevaux. Nous avons appris à nous sacrifier pour le cheval, et c’est ce que j’ai transmis à ma fille.»
 
Résultat: Zineb monte tous les jours, au moins une heure, et pratique d'autres sports comme la course à pied en appui de son entraînement. Mais se mesurer seule aux jockeys dans les courses hippiques ne suffit pas à cette battante. Elle voudrait bien créer un engouement auprès des autres amoureuses de l'équitation, faire des émules.

Wanted! Douches et vestiaires pour filles
«Quand je demande aux autres cavalières pourquoi elles ne veulent pas être jockey, elles me disent que c'est difficile. En plus, on ne voit que des garçons sur les champs de courses, les filles pensent qu'elles ne peuvent pas le faire», se désole Zineb, qui justement trouve dans la confrontation avec ses concurrents masculins l'objet d'un combat pour une place plus visible de la femme dans la société marocaine.

Dans ce domaine-là aussi, la jeune femme peut compter sur le soutien paternel, qui va même plus loin. «Il y a huit courses par semaine au Maroc, réservons-en une pour les femmes!, plaide-t-il, il faudrait aussi qu'il y ait des vestiaires et des douches pour elles dans tous les hippodromes du pays.»

2.400 courses hippiques par an au Maroc
Une requête qui aurait pu être satisfaite dans le nouvel hippodrome de Marrakech, tout juste inauguré, mais, un comble, les femmes jockeys étrangères venues participer à une course récemment ont dû se changer... à l'infirmerie!

Le Maroc compte 277 jockeys pour près de 3.200 propriétaires de chevaux et sept hippodromes où 2.400 courses sont organisées chaque année. Le secteur représente 0,61% du PIB et 30.000 emplois. Un secteur dans lequel la famille royale, propriétaire de plusieurs haras et de chevaux de compétition, joue un rôle historique majeur.