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Maroc: les violations des droits de l'Homme à un niveau jamais vu depuis 1990

Par Géopolis/AFP@GeopolisAfrique | Publié le 02/11/2018 à 15H09

Manifestation Marocains à Rabat
Des milliers de manifestants protestent contre l'emprisonnement de dirigeants du Hirak al-Chaabi, le «Mouvement populaire», le 15 juillet 2018 à Rabat. © Fadel Senna / AFP

Le nombre de prisonniers politiques et de personnes détenues de manière arbitraire au Maroc est en recrudescence. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) publié le 1er novembre 2018. Les violations des droits de l'Homme ont atteint, selon elle, un niveau jamais vu depuis les années 1990.


Dans son rapport couvrant une période d'un an et demi entre janvier 2017 et juin 2018, l’AMDH répertorie de graves atteintes aux droits de l'Homme au Maroc, notamment dans la région du Rif, théâtre de grandes manifestations contre la pauvreté à la fin de 2016 et au début de 2017.
                
D'après le président de l’association marocaine, 1.020 personnes sont emprisonnées ou jugées pour avoir pris part ou soutenu des manifestations non violentes à travers le pays.
 
«Le nombre de détenus politiques dépasse celui rapporté dans les années 1990», a déclaré Ahmed El Haij lors d'une conférence de presse. Un rapport qui n’a suscité aucune réaction de la part du gouvernement.
 
A la suite des manifestations du «printemps arabe» en 2011, le Maroc avait adopté une nouvelle constitution promouvant la liberté d'expression et donnant certaines prérogatives du roi Mohamed VI à un parlement élu.

Faible engagement de l'Etat dans la lutte contre la torture
Mais, selon l'AMDH, le gouvernement ne respecte pas le droit à la liberté d'expression et a procédé à une répression violente des manifestants, principalement dans le Rif.
 
Dans son document de 296 pages, l'association souligne ainsi «la recrudescence des violations du droit d’organisation, de création d’associations et de manifestations pacifiques».
 
Le texte fait état également «des faibles engagements du Maroc dans la lutte contre la torture» contrairement à ses engagements internationaux.
 
Illustrant la situation des droits de l’Homme dans le pays, en juin 2018 un tribunal de Casablanca a condamné 39 personnes, dont le chef de la contestation du Rif, Nasser Zefzafi, à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison.
 
Le mouvement de contestation a éclaté après la mort d'un poissonnier, broyé à l'intérieur d'une benne à ordures, où il tentait de récupérer des poissons que la police avait confisqués en octobre 2016 à Al Hoceima, une ville du nord du royaume.