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Menacé par les islamistes, le Festival de la mode en Afrique s'éloigne du Niger

Par Véronique le Jeune (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 04/11/2018 à 09H44

Première édition Festival international mode africaine au Niger en 1998
Première édition du Festival international de la mode africaine (FIMA) dans les dunes de Tiguidit au Niger en 1998. © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

La 11e édition du Festival international de la mode en Afrique (FIMA), qui a lieu tous les deux ans habituellement sur les rives du fleuve Niger à Niamey, sera pour la première fois organisée hors des frontières. Dakhla, ville touristique du Sahara occidental contrôlé par le Maroc, a été choisie par les organisateurs pour échapper aux menaces répétées d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).


En 2015 déjà, la 10e édition du Festival de la mode en Afrique avait été reportée à la veille de sa tenue par les autorités nigériennes qui redoutaient une attaque djihadiste dans la capitale. Auparavant, celle de 2013 s'était tenue sous haute surveillance à cause de la menace d'Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Le Niger, un pays à majorité musulmane
Alphadi, 61 ans, créateur de mode de renommée internationale et fondateur du festival il y a 20 ans, soutenu depuis le début par les pouvoirs publics nigériens, est devenu la bête noire des extrémistes religieux.

Le Niger, pays à majorité musulmane, n'est pas sensible au prestige que connaît le FIMA dans le monde de la mode.

Menaces de mort
En 2000, les locaux du styliste ont été vandalisés par des militants islamistes hostiles à «l'image» de la femme véhiculée par le FIMA et à sa façon de les habiller. Alphadi a même reçu des menaces de mort.

En 2011, à deux mois du défilé, ses ateliers ont été complètement ravagés par un mystérieux incendie.

Interviewé en juillet 2018 par nos confrères de France 24 (voir ci-dessous), Alphadi a préféré se montrer serein et présenté la mode comme un outil de développement du continent africain.


Alphadi et le Maroc, même combat 
Pour l'édition 2018 de son festival, Alphadi choisit de minimiser les risques et met en avant le choix de Dakhla pour soutenir le «processus d'intégration économique du Maroc en Afrique de l'Ouest» où «les industries culturelles occupent une place importante», a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse.

Il a également noté les efforts du royaume qui «accompagne» depuis son lancement en 1998 le FIMA «dans son combat pour une Afrique positive».

Conférences et concerts
Quelque 30.000 visiteurs sont attendus du 21 au 24 novembre à Dakhla pour le FIMA qui propose des regards croisés entre les créateurs africains et occidentaux.

Cette édition est placée sous le signe de «l'intégration africaine par le renforcement de la coopération Sud-Sud».

Outre les défilés de mode, des conférences, des expositions artistiques, des concours de top-models et de jeunes créateurs sont au menu du festival. Des concerts de stars locales et internationales, dont le groupe ivoirien Magic System, sont également à l'affiche.