Clap

Nigeria,  Afrique,  Afriques

Méningite au Nigeria: course contre la montre pour vacciner la population

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP).@GeopolisFTV | Publié le 06/04/2017 à 11H36, mis à jour le 06/04/2017 à 11H36

En 2015 près Niamey mère son bébé infecté par méningite.
En 2015, plus de 13.700 personnes avaient été infectées par une méningite et plus de 1.100 avaient trouvé la mort au Nigeria et au Niger voisin. © BOUREIMA HAMA / AFP

Les épidémies de méningites ne sont pas rares au Nigeria, géant ouest-africain de près de 200 millions d'habitants. Mais c’est la première fois qu’un épisode de méningite de type C voit le jour dans le pays. En cinq mois, cette épidémie a déjà coûté la vie à plus de 300 personnes. Une campagne de vaccination, lancée par l'OMS, débute le 11 avril 2017.


L’Etat de Zamfara, dans le nord-ouest du pays, est l’épicentre de l’épidémie. C’est précisément là qu’«en ce moment les vaccinateurs sont sur le terrain pour administrer les doses de vaccin et contenir la propagation de la maladie», a expliqué, le 5 avril 2017, Lawal Bakare, du Centre national nigérian de surveillance des maladies (NCDC).
 
A lui seul, l'Etat de Zamfara a besoin de 3 millions de doses, estime le NCDC, sur un total de 500.000 livrées par l'OMS. Les Etats voisins du nord du pays (Sokoto, Katsina, Kebbi et Niger) et le Territoire fédéral de la capitale Abuja sont les plus sévèrement touchés par cette maladie mortelle qui se répand dans les zones surpeuplées. Toujours selon le NCDC, 823.970 autres doses en provenance de Grande-Bretagne devraient être expédiées ensuite dans d'autres régions.

 
Un nouveau bilan du NCDC fait état d’au moins 2.997 cas et de 336 décès, entre novembre 2016 et le 3 avril 2017, dans 16 Etats du pays. Les principales victimes sont les enfants âgés de 5 à 14 ans, a indiqué le 24 mars 2017, l’OMS.

Un «stock limité» de vaccins
Les autorités s'activent pour «minimiser l'impact de la méningite», mais le type de souche de méningite C responsable de l'épidémie actuelle n'est pas courant au Nigeria et il y a un «stock limité» de vaccins dans le monde, a affirmé le responsable nigérian du NCDC Chikwe Ihekweazu.
 
La maladie, qui se transmet par la toux et par les éternuements, provoque une inflammation aiguë des couches externes du cerveau et de la moelle épinière. Les symptômes les plus courants sont la fièvre, les maux de tête et une raideur de la nuque.
 
Le Nigeria est au cœur de ce qu'on appelle la «ceinture de la méningite» de l'Afrique subsaharienne. Cette zone s'étend du Sénégal à l'ouest jusqu'à l'Ethiopie à l'est où des épisodes de méningite apparaissent régulièrement. En 2015, l'infection a tué au Nigeria et au Niger voisin quelque 1.100 personnes. Au total, 13.700 personnes avaient alors été infectées.