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Grèce,  Europe

Migrants: le Nobel de la Paix pour les habitants des îles grecques?

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 28/01/2016 à 13H50

Fillette réfugiée à Kos en Grèce
Kos, le 13 août 2015. Symbole de l'immigration qui arrive en Grèce, cette fillette, tout juste débarquée de son canot en provenance de Turquie, se fait enlever son gilet de sauvetage.  © ANGELOS TZORTZINIS / AFP

La Grèce, accusée par Bruxelles d'avoir «gravement négligé» ses obligations liées à Schengen, a reçu un soutien indirect sous la forme d'une pétition en faveur de l'attribution du prix Nobel de la Paix aux habitants des îles de la mer Egée orientale pour leur aide aux migrants en 2015. Le 28 janvier 2016, une douzaine de migrants se sont encore noyés en provenance des côtes turques.


Lesbos, Kos, Chíos, Samos, Rhodes ou Leros. Une pétition entend rendre hommage aux habitants de ces îles grecques situées à quelques encablures des côtes turques, par où transitent des centaines de milliers de réfugiés et migrants vers l'Europe. Et cette pétition, qui a pour titre «Votez pour que les îles grecques reçoivent le prix Nobel de la Paix pour leur contribution dans l'aide à la crise des réfugiés», a déjà enregistré plus de 340.000 signatures. 

Cette campagne gérée par la plate-forme en ligne Avaaz se fixe d'atteindre les 500.000 signatures avant le 1er février.

«D'éminents professeurs des universités d'Oxford, Princeton, Harvard, Cornell ou Copenhague sont en train de rédiger un mémoire en faveur de l'attribution du prix à la population de ces îles», rapporte le journal britannique The Guardian. Athènes devrait porter cette demande.

«Les populations des îles grecques de la mer Egée (et beaucoup d'autres à travers le monde, les organisations humanitaires et la diaspora grecque) ont fait et font tout leur possible pour aider les réfugiés syriens et leur offrir des conditions aussi confortables que possible, alors qu’il ont eux-mêmes très peu à offrir, en raison de la crise économique» qui touche le pays, affirme le texte de la pétition. Une initiative du même ordre avait déjà eu lieu, en vain, en faveur des habitants de l'île italienne de Lampedusa en 2013.


«Noyer des femmes et des enfants»
Les îles grecques ont reçu la majorité des quelque un million de réfugiés qui ont traversé la mer de la Turquie vers l'Europe en 2015. Un flot qui ne se tarit pas malgré l'arrivée de l'hiver et de conditions de mer beaucoup plus rudes. Plus de 40.000 migrants sont arrivés sur les îles en janvier 2016.

«Sur les îles grecques, les grands-mères ont bercé des petits bébés terrifiés pour les endormir, alors que des enseignants, des retraités et des étudiants ont passé des mois offrant de la nourriture, des abris, des vêtements pour les réfugiés qui ont risqué leur vie pour fuir la guerre et la terreur», affirme la pétition.

De quoi interpeller les Européens en train de marchander la sortie de la Grèce de Schengen. Alors que toutes les frontières européennes se ferment progressivement aux flux de migrants, l'Europe reproche à la Grèce de ne pas faire les contrôles nécessaires. Mais la frontière maritime de la Grèce ne peut pas se fermer, explique Athènes. Le vice-ministre des affaires étrangères grec, Nikos Xydakis, a d'ailleurs affirmé que la Grèce se refuse «à faire couler les barques de migrants et à noyer des femmes et des enfants».