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Migrants: quelque 20 passeurs géreraient le trafic entre le Maroc et l'Espagne

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 24/10/2018 à 17H23

La Guardia Civil tente stopper zodiac avant son arrivée à Gibraltar
La Guardia Civil (police) espagnole tente, le 27 juillet 2018, de stopper un zodiac chargé de migrants avant son arrivée à Gibraltar © REUTERS

Le service de renseignement allemand (BND) alerte contre la hausse du flux migratoire qui arrive en Espagne via le Maroc. D'après un rapport cité par le journal allemand Bild, les trafiquants basés dans le royaume chérifien peuvent faire passer chaque mois 6.000 migrants. Chacun payerait entre 1000 et 4000 euros pour franchir la Méditerranée, avec de nombreuses complicités locales.


Le Maroc a remplacé la Libye comme principal pays de départ des migrants africains vers l'Europe. Le ministère français de l'Intèrieur estime à 38.000 le nombre d'arrivants en huit mois sur la route Maroc-Espagne.

Selon un rapport confidentiel des services de renseignement allemand (BND), qui a filtré dans la presse d'Outre-Rhin, «une vingtaine» de réseaux de passeurs contrôleraient actuellement le flux de migrants à partir du Maroc. Chaque réseau compte environ 20 membres et entretient «en général de bons rapports avec les autorités». L’argent servirait également à corrompre les gardes côtes marocains. Le rapport affirme que des pot-de-vin sont versés à des éléments de la garde côtière mais que le gouvernement aurait déjà réagi en remplacant certains garde-côtes.

En tout, chaque mois, 6000 migrants seraient susceptibles de faire la traversée vers l'Espagne à partir du Maroc, surtout de jeunes Africains sans perspectives d’avenir dans leur pays d’origine. Concernant les prix de la traversée, chaque migrant paie 1.000 euros pour trois tentatives, 2.000 euros pour une garantie d’arrivée en Espagne. Un versement de 4.000 euros correspondrait à une option «VIP» permettant d’arriver en Espagne en six jours au départ du Mali en passant par le Maroc. 

Trois axes de traversée 
Le BND parle de trois routes d’emprunt depuis le royaume chérifien en direction de l’Europe. un premier via la mer d’Al Boran à bord de grandes embarcations pouvant accueillir jusqu’à 58 migrants. Par le détroit de Gibraltar qui sépare le Maroc de l’Espagne (15 km) avec des embarcations pneumatiques. En empruntant l’océan Atlantique ou la Méditerranée avec des pateras (embarcations en bois).

Ce rapport confirme les déclarations de la cheffe de la diplomatie européenne. Federica Mogherini constatait le 15 octobre 2018 à Bruxelle «une hausse de 150 % des flux migratoires vers l’Europe par la route de la Méditerranée occidentale».

Selon le ministre des affaires étrangères espagnol, les flux migratoires entre les deux côtés de la Méditerranée n’ont pas été réduits, mais «transférés» de la Libye au Maroc.