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Mobiliser les finances vertes pour une vraie transition écologique de l'Afrique

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 26/09/2018 à 17H06, mis à jour le 26/09/2018 à 17H29

Les constructions centrales solaires se multiplient sur continent africain
Les constructions de centrales solaires se multiplient sur le continent africain. © SEYLLOU / AFP

La 2e édition du «One Planet Summit» s’ouvre à New York ce 26 septembre 2018, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ce rendez-vous dédié à la finance verte tente de mobiliser l’épargne et l’investissement international vers les énergies renouvelables et la lutte contre le réchauffement climatique. Une opportunité pour engager l’électrification durable de l’Afrique.


Les chefs d'Etats, banques de développement et chefs d'entreprises réunis à New York pour le One Planet Summit veulent mobiliser les milliers de milliards d'euros nécessaires à la transition écologique mondiale.

Le premier One Planet summit avait abouti à plusieurs annonces fortes, dont l’engagement de la Banque mondiale à ne plus financer des projets d’exploitation de gaz et de pétrole.

De grandes banques ou assurances, comme le français Axa, s’étaient engagées à doubler, voire quadrupler, leurs objectifs d’investissements verts, tout en se détournant d’investissements dans les énergies fossiles polluantes.

Finance verte
Le secteur privé s'intéresse à la lutte contre le réchauffement climatique, car il est aujourd'hui moins risqué d'investir dans une centrale solaire ou éolienne que dans une centrale au charbon, d'autant plus en sachant que de nombreux épargnants veulent donner du sens à leur argent. «Notre seule chance de limiter le réchauffement de la planète dépend de notre capacité à réorienter des milliers de millliards d’euros de financements privés vers l’économie verte», affirme la secrétaire d'Etat à la Transitiion écologique française, Brune Poirson. 

Il s’agit de mobiliser de l’argent privé, mais aussi public, pour des projets d’énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la gestion durable des déchets et de l’eau ou encore pour le transport propre. 

Une obligation verte, appelée aussi green bond, se définit comme «un emprunt émis sur le marché par une entreprise auprès des investisseurs, pour lui permettre de financer ses projets contribuant à la transition écologique et au développement d’infrastructures», selon le ministère de la Transition écologique.

Ce marché se renforce depuis l'accord de Paris de décembre 2015 sur le climat. On évalue à 100 milliards de dollars supplémentaires le marché des émissions vertes en 2017, et leur nombre croît rapidement.

L'argent est disponible
Rien qu'en Europe, une enveloppe de 180 milliards d'euros par an est mobilisable pour des projets écologiques. Ce qui manque encore, ce sont des projets crédibles, efficaces et durables. 

Le One planet Summit a favorisé la mise en place de labels et de normes pour orienter (et sécuriser) l'épargne vers des projets de qualité. Ces projets doivent apporter un profit tant à la population qu'aux investisseurs, comme apporter l'électricité dans des villages africains, mais aussi favoriser l'activité économique. 

L’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI) prévoit au moins 350 GW, l'équivalent de 300 réacteurs nucléaires, de capacité de production nouvelle d’ici 2030.

Ainsi, l'Afrique, particulièrement vulnérable au changement climatique, doit sauter l'étape technologique des énergies fossiles et passer directement au solaire, à l’éolien et à l'hydraulique, mais aussi à la biomasse (les résidus agricoles), ou à l'énergie géothermique. Autant d'options possibles, pourvu qu'elles soient respectueuses de l'environnement et des besoins de la population.