Synthèse

Burkina Faso,  Afrique

Ouagadougou frappée de nouveau par une attaque terroriste

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 14/08/2017 à 10H29, mis à jour le 14/08/2017 à 11H11

Le café Istanbul à Ouagadougou
La terrasse du café Istanbul à Ouagadougou le 14 août 2017. © Olympia De Maismont / ANADOLU AGENCY

Les informations qui nous parviennent sur l’attentat de Ouagadougou au Burkina Faso, sont encore parcellaires. Mais le mode opératoire de l’attaque ressemble presque point par point à celle du 15 janvier 2016 qui avait visé un restaurant de la capitale burkinabé. A l'époque le groupe Al Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar avait revendiqué l'attaque.


Janvier 2016, le Cappucino. Aout 2017, le café Istanbul. A peine 200 mètres séparent les deux bâtiments dans ce quartier très animé de Ouagadougou. Dans les deux cas, Le mode opératoire est le même. Un commando d’une poignée d’hommes. Trois lors de l’attaque de 2016,  pas beaucoup plus ici selon les témoins. Le groupe tire sur les clients attablés en terrasse puis se barricade dans l’immeuble et attend les forces spéciales pour un baroud d’honneur.
 
Pour l’instant il n’y a pas de revendication, mais tout cela rappelle étrangement l’attaque de janvier 2016, revendiquée par par le groupe Al Mourabitoune (les Almoravides) de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.  

Retour sur l’épisode de 2016 avec l’article que nous avions publié à l’époque.

Le groupe djihadiste Al Mourabitoune, affilié à l’Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique), a revendiqué très tôt l’attaque de deux hôtels et d’un restaurant à Ouagadoudou, le 15 janvier 2016 au soir. Selon le site mauritanien Alakhbar, le porte-parole des auteurs de l’attaque s’est exprimé en hassanya, une langue parlée en Mauritanie et au nord-Mali, dans l’échange téléphonique avec un membre d’Aqmi. Le porte-parole, qui affirme avoir tué 11 personnes, promet «de combattre la France jusqu’au dernier souffle».
 
Derrière le groupe Al Mourabitoune, un homme : l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. Le chef djihadiste a eu plusieurs vies et autant de pseudonymes : le Borgne (à cause d’un œil perdu), Khaled Abou Abbas, Mister Marlboro (il avait commencé sa carrière dans la contrebande de cigarettes au sud de l’Algérie)… Donné mort à de nombreuses reprises, il est pourchassé par les services secrets algériens, français, américains et… par l’Etat islamique qui l’a condamné à mort à l’été 2015.

Ougadougou-Bamako, même modus operandi. Avant l’attaque de Ouagadougou, le groupe Al Mourabitoune avait déjà revendiqué l'attaque qui avait fait 21 morts et blessé sept personnes au Radisson Blu de Bamako au Mali, le 20 novembre 2015. Le mode opératoire est le même. Ainsi que la cible : la France.
 
Mokhtar Belmokhtar a un lourd contentieux avec la France. Fuyant les services secrets algériens, il s’est installé au Mali où il a réussi à nouer des alliances solides, en épousant notamment une fille d’un notable targui. Du Groupe islamique armé (GIA) à Al Mourabitoune, en passant par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), l’homme a jusqu’à présent échappé à plusieurs opérations militaires.

Mokhtar Belmokhtar
Image non datée de Mokhtar Belmokhtar © HO / ANI / AFP

En août 2015, Daech le condamne à mort et signale sa présence à Derna en Libye. L’organisation djihadiste a posté sur les réseaux sociaux un avis de recherche (ou appel à abattre) et donne des éléments biographiques: «Né en 1972, donné pour mort à maintes reprises, ancien chef d’Al Qaida Maghreb, arrivé en Libye après l’invasion des Croisés au Mali, il se cache à Derna où il a fondé Al Mouyrabitoune. Il se bat aujourd’hui contre le Califat». Et d’appeler ses sympathisants à le tuer.