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Moyen-Orient et Afrique du Nord : où en est l’égalité entre hommes et femmes ?

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisFTV | Publié le 07/05/2017 à 16H49, mis à jour le 07/05/2017 à 16H50

Manifestation femmes à Rabat au Maroc
Des manifestatns maocains réclament l'égalité des sexes, lors de la journée internationale de la femme le 8 mars 2015, à Rabat.  © Fadel Senna / AFP

Une enquête internationale menée dans quatre pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, confirme que l’égalité des sexes est loin d’être acquise dans cette région du monde. Dans le même temps, certaines circonstances imprévues font bouger les lignes et profitent à l’émancipation de la femme.


Pour comprendre les relations entre hommes et femmes, leurs statuts respectifs et leurs attitudes envers l’égalité des sexes, ONU-Femmes a interrogé pendant un an, près de 10.000 personnes dans quatre pays : Liban, Egypte, Territoires palestiniens et Maroc. Les premières conclusions de l’enquête internationale peuvent surprendre. La majorité des hommes considère par exemple que le rôle le plus important d’une femme est de s’occuper de la maison. Les femmes semblent d’accord puisqu'une sur deux adhère à ce principe. 

«Des épouses et des mères avant tout»
L’étude affirme aussi que le taux de participation économique des femmes dans la région est l’un des plus faibles au monde. «Elles sont largement définies par leurs rôles d’épouses et de mères avant tout, plutôt que par leurs accomplissements professionnels ». La plupart des hommes interrogés se prononcent pour le travail des femmes à condition que leurs épouses continuent à assumer la plus grande part des tâches ménagères et l’organisation de la vie de famille.
 
L’égalité «ne fait pas partie des traditions»
Dans l’ensemble des quatre pays où a été menée l’étude, près de la moitié des hommes et presque autant de femmes pensent que l’égalité des sexes ne fait pas «partie des  traditions ou de la culture». Les deux parties sont très marquées par le schéma traditionnel qui veut que l’homme soit le principal «soutien», le socle de la famille et la femme, «l’organisatrice» du foyer. L’étude montre aussi que le conservatisme religieux est l’un des obstacles qui entravent l’instauration de l’égalité entre hommes et femmes.
 
Des bouleversements
Malgré le poids des normes sociales, l’égalité des sexes dans la région progresse par la force des choses.

La plupart des pays concernés par l’étude ont connu des circonstances particulières qui ont bénéficié à l’émancipation de la femme. Les hommes obligés d’émigrer pour travailler ou faits prisonniers comme dans les Territoires palestiniens ont dû par exemple céder le premier rôle à leur femme pour réaliser qu’elle était «résiliente et capable» pendant leur absence. Ces expériences ont permis à de nombreuses femmes d’accéder à plus de prérogatives et de bénéficier de nouvelles possibilités.
 
L’étude de l’ONU évoque dans ce contexte la «crise de la masculinité» dans un monde en pleine évolution.
«Les hommes font face à un dilemme complexe : d’un côté ils s’accrochent à un passé qui ne correspond plus au présent et de l’autre, ils ne savent que penser d’un changement susceptible d’alléger le lourd fardeau d’obligations patriarcales que leur impose la société».