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Naufrages vus d’Afrique : la faute aux dirigeants africains et à l'Europe

Par Mohamed Berkani@GeopolisAfrique | Publié le 21/04/2015 à 15H46, mis à jour le 21/04/2015 à 16H31

Naufragés
Rescapés d'un naufrage en Méditerranée. © Reuters

Pour la presse africaine, les drames à répétition en Méditerranée sont dus essentiellement à deux causes: l’incurie et la corruption des dirigeants africains ainsi que l’anéantissement de la Libye par l’Europe. Revue de presse.

«Le Quotidien» (Sénégal) Naufrage des dirigeants africains
«Le drame humain auquel le continent africain fait face actuellement est indubitablement lié à la défaillance dans la surveillance des côtes libyennes, depuis la mort de Khadafi. Le guide libyen, de son vivant, avait fait preuve de fermeté suite à un compromis avec l’Italie, qui subissait de plein fouet, les vagues d’émigration clandestine à partir de cette partie de l’Afrique. C’est de cette Méditerranée, maintenant désertée par les garde-côtes libyens, que des voyages clandestins sont organisés vers l’Europe toujours considérée comme un eldorado, malgré la crise qui l’a durement secouée ces dernières années. Plusieurs Ouest-Africains sont parmi les victimes y compris naturellement des Sénégalais, dont on ne connaît pas encore exactement le nombre.»
 
«Le Quotidien d’Oran» (Algérie) L’Europe paie le prix de l’anéantissement de la Libye
«La responsabilité de l'Europe dans les drames qui ont lieu, régulièrement, en mer Méditerranée est indéniable : les conséquences de l'anéantissement de l'Etat libyen sont encore loin d'être contenues. L'Europe a fait la guerre à la Libye et l'a transformée en immense chaos, terrain fertile pour tous les trafics et les crimes. Sans doute est-ce pour cela que les dirigeants européens ont laissé entendre qu'il est impossible de stopper les drames en Méditerranée sans une stabilisation politique de la Libye. Ils appellent à appuyer l'initiative de paix en cours entre les deux parties politiques libyennes. C'est la moindre des choses : que les Européens assument leur responsabilité dans le chaos qu'ils ont semé en Libye.» 
 
«Le Pays» (Burkina) : Tant que la gouvernance ne changera pas…
«Y a-t-il espoir que tout cela s’arrêtera un jour ? Rien n’est moins sûr, surtout quand on constate l’aggravation des chiffres du chômage en Afrique, et l’incurie des élites dirigeantes qui donnent l’impression d’être plus préoccupées par leurs propres intérêts et ceux de leur entourage, que ceux de la grande majorité qui croupit dans la misère crasse, sans espoir aucun. Il est bien connu que l’un des pires fléaux que connaît l’Afrique en ce XXIe siècle, c’est la mal gouvernance avec son cortège de maux tels la corruption, le népotisme, la gabegie, le brigandage électoral au profit de satrapes qui concentrent tous les pouvoirs entre leurs mains, pour mieux asservir leur peuple. Même la vénalité des passeurs sans cœur, qui n’ont aucun scrupule à marchander la mort au prix fort avec ces désespérés, sachant bien qu’ils n’hésiteront pas à les abandonner dans l’enfer du désert ou dans les tempêtes de la mer, passe pour un péché véniel à côté du comportement irresponsable de certaines élites dirigeantes.»