Clap

Economie,  Nigeria,  Afrique

Ngozi Okonjo-Iweala chez Twitter: le tournant africain du réseau social?

Par Falila Gbadamassi@GeopolisAfrique | Publié le 26/07/2018 à 09H37

Ngozi Okonjo-Iweala à Paris en février 2015
Ngozi Okonjo-Iweala, alors ministre des Finances du Nigeria, à Paris, en février 2015.  © PAUL-MARIE GUYON / CROWDSPARK

Ngozi Okonjo-Iweala, l’ancienne ministre nigériane et ex-directrice de la Banque mondiale, a rejoint le conseil administration du réseau social Twitter. Beaucoup d'entreprises de la Silicon Valley s'intéressent de plus en plus à l'Afrique. Cette nomination, qui présente de nombreux atouts, est-il le signe d'un intérêt accru pour le continent chez Twitter?


«Twitter est une puissante plateforme qui continue d'être utilisée comme un lien fort (à l'échelle de la planète) et je suis ravie de faire partie de l'équipe», a déclaré le Dr.Okonjo-Iweala, indique un communiqué publié le 19 juillet 2018 par Twitter pour annoncer qu'elle rejoignait le conseil d'administration de l'entreprise

Actuellement «Senior Advisor» auprès de la banque Lazard, Ngozi Okonjo-Iweala devient le premier ressortissant du continent à siéger au sein de cet organe du réseau social américain. Economiste de formation, la Nigériane a été par deux fois ministre des Finances (2003-2006 et 2011-2015) dans son pays. Elle a également été directrice générale de la Banque mondiale (2007-2011). En 2012, elle s'est portée candidate à la présidence de l’institution pour succéder à Robert Zoellick qu’elle retrouve désormais au conseil d’administration de Twitter.


Regain d'intérêt pour l'Afrique? 
Le choix de la Nigériane, au moment où les géants de la Silicon Valley lorgnent sur l'Afrique, pourrait ne pas être fortuit. Même si Twitter semble discret sur le continent. Dans une tribune publiée sur le Washington Post en mars 2018, le journaliste et écrivain kényan Larry Madowo soulignait que le patron de Twitter, Jack Dorsey, s'était récemment réjoui dans une lettre trimestrielle adressée aux actionnaires (concernant le dernier trimestre de 2017 et publiée en février 2018) de la croissance des utilisateurs de Twitter, sans évoquer ceux du continent: «Il ne mentionne même pas le continent si ce n'est un clin d'œil passif à "l'amélioration" dans certains marchés de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique).»

Larry Madowo notait également que la multinationale n'avait pas de bureau en Afrique. Ce n'est pas le cas, par exemple, des géants du Net (Gafam), comme Facebook (Johannesbourg), Google (Johannesbourg) ou encore Microsoft (présent dans plusieurs pays). Cependant, Twitter opère en Afrique du Nord, à partir de son bureau MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) à Dubaï, et en Afrique sub-saharienne par le biais de l'entreprise Ad Dynamo, spécialiste du marketing digital basé en Afrique du Sud, avec laquelle elle collabore depuis près de cinq ans. 

Un atout pour Twitter
S'il est impossible de prédire la stratégie africaine de Twitter, la nomination de Ngozi Okonjo-Iweala est indéniablement un bon point en matière de diversité. Selon le site spécialisé Techpoint, la multinationale soigne son image dans ce domaine. «Le conseil de Twitter a toujours été fortement masculin et blanc, Ngozi (Okonjo-Iweala) sera la deuxième femme noire au conseil d'administration de Twitter.» Leslie Miley, alors responsable de l'ingénierie chez Twitter, avait quitté le groupe en 2015 en dénonçant l'absence de diversité dans l'entreprise. A l'époque, il était le seul Afro-Américain à occuper ce poste à responsabilité. 

Enfin, souligne le webzine nigérian, l'ancienne ministre des Finances et directrice générale de la Banque mondiale est un «colosse financier». «Twitter a réalisé un bénéfice de 91 millions de dollars au quatrième semestre de l'année 2017, le premier depuis plus de douze ans. Alors peut-être qu'un colosse financier comme Okonjo-Iweala peut donner à Twitter un ou deux conseils financiers pour rester dans cette dynamique du profit», suggère-t-on sur Techpoint.