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Comores,  Afrique

Ni eau ni électricité pour fêter les 40 ans de l'indépendance des Comores

Par Amira Bouziri@GeopolisAfrique | Publié le 08/07/2015 à 13H28

Dans rue Moroni aux Comores
Des passants dans une rue de Moroni, la capitale des Comores, le 23 février 2015. © AFP PHOTO/MARCO LONGARI

L'archipel des Comores fête ses 40 ans d'indépendance dans une ambiance maussade. Les tensions sociales, économiques et politiques remplacent les festivités de cet anniversaire.


La commémoration de l'indépendance de l'archipel, ancienne colonie française, est morose. Les festivités qui tombent en plein mois de ramadan sont annulées la journée, comme la garden-party initialement prévue au palais présidentiel de Beït-Salam. Mais surtout, la crise énergétique que traverse le pays depuis des mois n'arrange rien, et la population est à bout.
 
Une crise énergétique et économique
Depuis huit mois, la compagnie nationale de l'eau et de l'électricité fournit six heures d'énergie par jour. Mais dans certains villages comoriens, il n'y en a eu que 24h en totalité, rapporte RFI. La Mwa-Mwé, la société comorienne de l'eau et de l'électricité, ne peut plus payer le gasoil qui alimente la centrale. Des organisations de la société civile ont annoncé un sit-in le 13 juillet, pour protester contre les pénuries d'électricité et aussi d'eau.
 
Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé, fin juin, à l'issue d'une mission sur place que «la situation économique avait empiré aux Comores». «La crise dans le secteur électrique, les pénuries persistantes et coupures généralisées pèsent sur l'activité et les recettes fiscales», selon le FMI qui projetait initialement 3,5% de croissance du PIB en 2015, déjà faible au regard de la poussée démographique locale.
 
Mayotte, un territoire français
Une nouvelle crise s'ajoute à cette ambiance morne. La dernière compagnie aérienne qui faisait la navette entre les Comores et Mayotte risque de faire faillite. En cause, l'impossibilité d'Inter îles à payer les taxes internationales dues à chaque atterrissage sur le sol français de Mayotte. Et pourtant, ce n'est pas la France qui a décidé d'augmenter les tarifs. Il s'agit d'une initiative de la direction d'un aéroport comorien répondant à un arrêté ministériel vieux de trois ans. Elle n'avait pas été respectée auparavant car, selon la Constitution comorienne, Mayotte appartient encore à l'archipel. Mais si l'île en fait partie géographiquement, Mayotte dépend du territoire français.
 
Cette situation favorise un climat de tensions entre les Comores et la France. Mayotte étant, en plus, une terre de forte immigration clandestine en provenance des Comores. Selon les estimations du gouvernement français, il y aurait entre 70.000 et 80.000 clandestins en plus de ses 219.000 habitants.