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Niger: des migrants abandonnés par leur chauffeur secourus en plein désert

Par AFP@GeopolisAfrique | Publié le 21/07/2017 à 15H00

Départ migrants d'Agadès
Des migrants ouest-africains entassés dans un pick-up et aggripés à un bâton pour éviter la chute, à leur départ d'Agadès, le 1er juin 2015, pour se rendre en Libye et atteindre l'Europe en traversant la Méditerranée. © ISSOUF SANOGO/AFP

Au moment où l’Union européenne annonçait le versement de 10 millions d’euros au Niger pour l’aider à juguler le flux de migrants, certains d’entre eux, abandonnés en plein désert, étaient secourus par l’Organisation mondiale pour les migrations. Depuis le début de l’année, des centaines de migrants ouest-africains morts ou portés disparus ont fait du Ténéré un «véritable cimetière à ciel ouvert».


Nouvelle opération sauvetage dans le Sahara nigérien. Vingt-trois migrants ouest-africains abandonnés par leur chauffeur en plein désert dans le nord du Niger ont été secourus, le 18 juillet 2017, par une équipe de l’Organisation mondiales pour les migrations (OIM).

Des migrants régulièrement abandonnés dans le désert 
«Ces migrants sont au nombre de 23, dont une fillette et deux femmes. Nous étions partis les chercher dans le désert, à 300 km au nord de la ville d’Agadès, en direction de la Libye», a précisé un employé de cette agence onusienne.
 
Située aux portes du Sahara, Agadès, la plus grande ville du nord du Niger, est en effet devenue la plaque tournante du trafic d’êtres humains cherchant à rejoindre l’Europe via la Libye voisine.
 
Ces rescapés, dont des Gambiens et des Sénégalais, ont raconté avoir «été abandonnés par leur chauffeur» dont ils ont espéré «pendant six jours le retour» avant de reprendre la marche «pendant deux autres jours dans le désert».
 
Ils ont finalement été repérés dans les environs d’un puits par les autorités locales qui ont signalé leur présence à l’OIM, a encore indiqué l’employé à l'AFP.

La région d'Agadès  un «véritable cimetière à ciel ouvert» 
Depuis le début de l’année 2017, découvertes macabres et opérations de sauvetage de migrants sont devenues monnaie courante, au point qu’une trentaine d’élus de la région d’Agadès ont tiré la sonnette d’alarme.
 
«Des centaines de migrants ouest-africains ont été retrouvés morts, ou sont portés disparus, ou ont été sauvés in extremis dans le Sahara nigérien» devenu, selon eux ,«un véritable cimetière à ciel ouvert».
 
Entre mai et juin 2017, 52 migrants dont des bébés ont été retrouvés morts en plein désert. Une cinquantaine d’autres, portés disparus fin juin après avoir eux aussi été abandonnés, sont probablement morts, selon l’OIM. Enfin, depuis juillet, 67 migrants ont été secourus par une patrouille de l’armée nigérienne.
 
C’est pour juguler le flux de ces migrants ouest-africains vers l’Europe que l’Union européenne a annoncé, le 17 juillet 2017, avoir fourni une aide de 10 millions d’euros à Niamey.
 
Selon le communiqué de l’UE, ce premier décaissement «a été versé au profit du budget de l’Etat 2017». Il entre dans le cadre d’un programme d’urgence mis en place en 2016 pour lutter contre «la migration irrégulière et le trafic de personnes». Un second décaissement est programmé pour le quatrième trimestre 2017.

Une loi sévère encore loin de décourager les trafiquants d'êtres humains 
Dans l’attente de voir les effets de cette aide se faire sentir, Niamey a pris des dispositions pour lutter contre les trafiquants. Une loi très sévère a été votée rendant leurs crimes passibles de peines pouvant aller jusqu’à 30 ans de prison.
 
De son côté, l’armée a multiplié les patrouilles contre les migrants. Des mesures qui semblent toutefois encore loin de décourager les trafiquants ou de dissuader les candidats à l’exil.