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Niger: les pays du G5-Sahel peinent à boucler le budget de la force conjointe

Par Alain Chémali avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 08/02/2018 à 16H44

Sommet G5-Sahel à Niamey
La ministre française de la Défense, Florence Parly, lors de son intervention devant les chefs d'Etat des cinq pays membres du G5-Sahel à Niamey, le 6 février 2018. © BOUREIMA HAMA/AFP

Réunis en sommet les 6 et 7 février 2018 à Niamey, les chefs d’Etat du G5-Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) ont réitéré leur demande à la communauté internationale d’un soutien financier supplémentaire pour leur force militaire conjointe. Ces cinq pays, parmi les plus pauvres du monde, peinent en effet à boucler le financement de cette force estimé à 250 millions d’euros.


Les chefs d’Etat du G5-Sahel, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Idriss Deby du Tchad, Mohamed Ould Abdel Aziz de Mauritanie, Ibrahim Boubakar Keïta du Mali et Mahamadou Issoufou du Niger, ont tenu un sommet à Niamey les 6 et 7 fevrier 2018, en présence de la ministre française de la Défense, Florence Parly.

Des ressources financières additionnelles 
Ces pays, parmi les plus pauvres du monde, peinent en effet à boucler le financement de la force militaire conjointe chargée de combattre les groupes djihadistes qui sévissent dans la région sahélienne.
 
«Compte tenu de la pression qu’exerce la crise sécuritaire actuelle dans le Sahel sur les finances publiques des Etats membres, les chefs d’Etat invitent les institutions financières internationales (…) à mettre en place des ressources additionnelles pour y faire face», affirme clairement et sans détours le communiqué final du sommet.
 
Le financement de cette force, lancée début 2017 et qui devrait compter 5000 soldats des cinq pays impliqués d’ici le milieu de l’année, est estimé à 250 millions d’euros. Pour l’heure, l’Union européenne en a promis 50 millions, la France 8, surtout en matériel, et chacun des cinq pays fondateurs 10.
 
Il faut ajouter à ces sommes une contribution annoncée de l’Arabie Saoudite de 100 millions de dollars (80 millions d’euros) et une promesse américaine d’aide bilatérale globale de 60 millions  de dollars (49 millions d'euros) aux cinq pays membres du groupe.
 
L'action de la force conjointe coordonnée avec des actions en faveur des populations
Une nouvelle conférence de financement de la force conjointe est prévue le 23 février à Bruxelles, car il y a «urgence que cette force soit opérationnelle» pour «la sécurité» des Etats sahéliens, comme l’a souligné le président Issoufou dès l’ouverture du sommet.
 
De son côté, la ministre française Florence Parly avait estimé que c’était «désormais en bonne voie». Elle a également rappelé que «les opérations de la force conjointe doivent être coordonnées avec des actions au bénéfice des populations», pour voir un «vrai recul des terroristes».

Concernant ce volet, le G5-Sahel a signé le 5 février un protocole d’accord avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), pour que ces deux agences onusiennes appuient «la résilience alimentaire» des populations des cinq Etats sur la période 2018-2020.
 
Lors du sommet, les présidents du G5 ont par ailleurs étudié le processus de suppression des visas et des frais d'itinérance entre les cinq pays, ainsi qu'un projet pour la création d'une compagnie aérienne «Air Sahel» et un autre pour la construction d'un chemin de fer «transsahélien» de près de 6000 kilomètres.
 
Enfin, le sommet a désigné le président du Niger, Mahamadou Issoufou, comme successeur à son homologue malien, Ibrahim Boubakar Keïta, à la présidence du G5-Sahel.