Nigeria: des camionnettes pour donner le goût de lire aux enfants

Par Laurent Filippi | Publié le 07/02/2018 à 11H59

Plus jeune, Funmi Ilori rêvait de fonder la plus grande bibliothèque d'Afrique. Mais son rêve ne s’est pas réalisé. Ou plutôt pas entièrement. Car quinze plus tard, elle a créé une bibliothèque ambulante baptisée «I-read» (Je lis). A bord de son véhicule, elle amène chaque jour des centaines de livres dans les écoles des quartiers défavorisés de Lagos, au Nigeria.

Huit photos de Stefan Heunis illustrent ce propos.

  • Le désir Funmi Ilori
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    Le désir de Funmi Ilori

    de faire partager au plus grand nombre les joies et les bienfaits de la lecture remonte à 2003. A cette époque, elle a lancé une petite affaire de prêt de livres. Allant «de maison en maison avec un panier rempli de romans», elle organisait des prêts en échange de quelques centaines de nairas (quelques euros). «Mais je me suis rendu compte que les adultes ne prennent plus le temps de lire.» Ancienne institutrice, elle décide alors de s’adresser aux enfants. © Stefan Heunis/AFP

  • Son projet a pu a réellement démarrer en 2013
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    Son projet a pu a réellement démarrer en 2013,

    quand elle propose à «You-win together», une bourse financée par le gouvernement nigérian pour encourager les initiatives de développement, un projet de bibliothèque mobile. Victorieuse, elle remporte 10 millions de nairas, l'équivalent de 60.000 dollars à l'époque, et achète une camionnette et un mini-bus. © Stefan Heunis/AFP

  • Aujourd’hui à bord sa camionnette
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    Aujourd’hui, à bord de sa camionnette,

    elle sillonne les quartiers pauvres de la plus grande ville du Nigeria et propose ses livres aux écoles les plus démunies. «Je souhaiterais voir des bibliothèques dans chaque quartier. De la même manière que les églises poussent comme des champignons, les bibliothèques devraient elles aussi pousser comme des champignons!», déclare-t-elle. © Stefan Heunis/AFP

  • Comme l’explique Ruth Aderibigbe
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    Comme l’explique Ruth Aderibigbe,

    directrice de l'école primaire Bethel, dans le quartier populaire d'Ifako, son établissement faute de moyens n’a que des manuels scolaires pour ses 200 élèves. C’est donc avec joie qu’elle accueilli, il y a deux ans, Funmi Ilori quand elle a installé sa camionnette-bibliothèque devant les grilles. L’arrière du véhicule aménagé comme une salle de lecture permet aux gamins de découvrir des centaines d’ouvrages, bandes dessinées, livres d’histoires ou scientifiques, romans… © Stefan Heunis/AFP

  • La motivation jeunes lecteurs à se cultiver est grande
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    La motivation des jeunes lecteurs à se cultiver est grande

    et quand elle leur demande «les lecteurs deviennent quoi?», la réponse est unanime: «Des leaders!» Une gamine ajoute: «Les livres me donnent des idées et grâce à eux, je sais plus de choses.»       © Stefan Heunis/AFP

  • Grâce au montant sa bourse sponsors
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    Grâce au montant de sa bourse et des sponsors,

    elle a pu embaucher treize employés, acheter 1.900 livres et quatre camionnettes. Elle se rend dans quatre à six écoles chaque jour et organise des ateliers de lecture avec des bénévoles les soirs et les week-ends dans les bidonvilles, pour les enfants déscolarisés. Comme dans de vraies bibliothèques, les enfants peuvent choisir le livre qui les intéresse, l’emporter chez eux  et le rapporter une semaine plus tard. Seule obligation, remplir une feuille de lecture obligatoire. © Stefan Heunis/AFP

  • En février 2017
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    En février 2017,

    l’écrivaine nigériane Chimamanda Adichie avait soulevé un problème dans une interview à «The Atlantic». Elle regrettait que les livres qu'elle dévorait étant petite, «comme tous les enfants dans les pays anciennement colonisés», ne reflétaient pas «sa» réalité. Trente ans plus tard, le défi reste toujours d'actualité. Comme l’explique Funmi Ilori, «ce qui nous manque maintenant, c'est d'avoir plus de livres pour enfants écrits par des auteurs africains». © Stefan Heunis/AFP

  • Fin janvier 2018
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    Fin janvier 2018,

    une controverse a éclaté entre Chimamanda Adichie et une journaliste française, après que cette dernière lui a posé la question: «Y a-t-il des librairies au Nigeria?» Si la réponse est oui, le problème n’est pas vraiment là, selon Funmi Ilori. S’«il y a des bibliothèques fonctionnelles, à Lagos tout du moins, beaucoup ne les utilisent pas. (…) Il faut accompagner les enfants dès leur plus jeune âge, la lecture, ça s'apprend. Dans les communautés rurales, beaucoup d'enfants n'ont jamais tenu un livre dans leurs mains», précise-t-elle. © Stefan Heunis/AFP