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Nigeria: Malala rencontre les lycénnes de Chibok, ex-otages de Boko Haram

Par Alain Chémali avec AFP et AP@GeopolisAfrique | Publié le 19/07/2017 à 15H31

Malala Yousafzaï au Nigeria
La plus jeune prix Nobel du monde et militante pakistanaise pour le droits des filles à l'éducation, Malala Yousafzaï, en discussion avec des lycéennes de l'école des filles Yerwa de Maiduguri, le 18 juillet 2017, au Nigeria.  © Reuters/Afolabi Sotunde

En tournée au Nigeria, la prix Nobel de la paix et combattante pour les droits des filles à l’éducation a appelé les autorités à mettre en place un «plan d’urgence» pour scolariser les enfants nigérians. Elle a également rencontré certaines des 106 lycéennes de Chibok sorties des griffes du groupe djihadiste Boko Haram. Elle s’était mobilisée dès l’été 2014 pour leur libération.


«Cela fait partie de mon voyage pour le Girl power (le pouvoir des filles) dans plusieurs parties du monde.» C’est ainsi que la prix Nobel de la Paix 2014, Malala Yousafzaï, a expliqué sa visite de deux jours au Nigeria.
 
Malala appelle à «déclarer l'état d'urgence dans l'éducation»
Rescapée à l’âge de 14 ans d’une tentative d’assassinat par les talibans, le 9 octobre 2012, pour son combat en faveur du droit des filles à aller à l’école, elle est devenue ambassadrice internationale du droit des femmes à l’éducation. Un droit qui leur est interdit dans certains pays.
 
Agée de 20 ans aujourd’hui, c’est au Nigeria, où elle a rencontré le président par interim Yemi Osinbajo, qu’elle porte son message. Elle a appelé les autorités à «déclarer l’état d’urgence dans l’éducation, car l’éducation des filles et des garçons nigérians est vraiment importante», a-t-elle dit.
 
Elle a également appelé «le gouvernement fédéral, les gouvernement locaux et les Etats fédérés à tous s’unir dans ce sens», à l’issue de sa rencontre avec le remplaçant du président Muhammadu Buhari soigné à Londres depuis début mai.
 
D’après la jeune militante, l’intérimaire Osinbajo aurait réagi «de manière positive» à sa suggestion. Une nécessité dans un pays où, selon l’Unicef, plus de dix millions d’enfants, dont 60% des filles, ne sont pas scolarisés.
 
Au cours de son déplacement, Malala a également rencontré certaines des 106 lycéennes de Chibok de retour de captivité par le groupe djihadiste Boko Haram qui les avait enlevées en avril 2014.

Le gouvernement nigérian doit s'assurer de libérer les 113 lycéennes toujours captives de Boko Haram 
Dès les premières heures, la militante pakistanaise avait pris fait et cause pour les lycéennes nigérianes qu’elle a enfin pu voir le 17 juillet 2017 dans la capitale Abuja.
 
«Je suis très heureuse de voir qu’elles vont retrouver leurs foyers et leurs familles et qu’elles puissent reprendre les études», a-t-elle dit, déplorant que cela ne soit pas encore le cas pour certaines.
 
A l’heure actuelle, 113 lycéennes sont toujours retenues en otage par l’organisation djihadiste africaine et «le gouvernement doit rester uni pour s’assurer que ces filles vont être libérées», a encore ajouté Malala.
 
Quant aux gens de Boko Haram, «ils devraient eux-mêmes apprendre qu’en islam ces choses sont inadmissibles. C’est contre l’humanité et contre l’Islam», a-t-elle lancé à l’adresse des djihadistes. 

Malala, un exemple qui inspire les jeunes Nigérianes 
Dans  les camps de déplacés, certaines filles affirment que le courage de la lauréate du prix Nobel leur donne foi en un avenir meilleur. «Son histoire nous donne de l’espoir, c’est pour cela que nous voulons aller à l’école et devenir quelqu’un dans la vie», a déclaré à l’agence américaine AP, Fatima Ali.
 
«Nous devons supporter toute sorte de souffrances, telle que la faim par exemple, pour pouvoir aller en classe. Nous mangeons à peine une fois par jour. Par exemple, nous n’avons rien mangé depuis ce matin parce que le gouvernement ne nous apporte plus de nourriture depuis deux mois maintenant», a raconté la fillette, âgée de juste de quinze ans.
 
Malala, elle, vient juste de terminer sa scolarité (début juillet) dans un lycée de Birmingham, en Grande Bretagne, où elle a trouvé refuge avec sa famille en 2012.  C'est là qu'elle avait été soignée après avoir été grièvement blessée à la tête par les talibans du Pakistan, son pays d'origine.