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Société,  Afrique

OMS: une feuille de route pour en finir avec le choléra d’ici à 2030

Par Catherine Le Brech@GeopolisAfrique | Publié le 04/10/2017 à 16H36, mis à jour le 04/10/2017 à 16H49

Bactérie choléra Vibrio cholerae
Bactérie du choléra (Vibrio cholerae), illustration d'ordinateur. © ROYALTYSTOCKPHOTO / Science Photo Library

Chaque année dans le monde, selon l’OMS, 95.000 personnes meurent du choléra et 2,9 millions contractent cette maladie qui touche de nombreux pays d’Afrique. Un réseau de quelque 50 institutions des Nations Unies, organismes internationaux, instituts universitaires et ONG ont présenté le 4 octobre un plan d’action pour faire baisser le nombre de morts de 90% d’ici à 2030.


Sous l’intitulé, Ending Cholera: A Global Roadmap to 2030 (Mettre fin au choléra: feuille de route mondiale jusqu’à 2030), la Global Task Force on Cholera Control (Force spéciale de lutte contre le choléra) diffuse une feuille de route détaillée pour «protéger les communautés, prévenir la transmission et enrayer les flambées» prévisibles de la maladie.
 
Comment? En mettant en œuvre une «approche coordonnée pour lutter contre le choléra, et une planification au niveau des pays pour la détection précoce des flambées et la riposte rapide».
 
Ce plan d’action doit permettre à près de 20 pays d’éradiquer dans les années à venir le choléra, une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae.
 
Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il y a chaque année entre 1,3 et 4 millions de cas déclarés dans le monde et entre 21.000 et 143.000 décès. La maladie touche particulièrement les communautés en butte aux conflits armés, qui manquent d’infrastructures et de systèmes de santé et souffrent de malnutrition.

Des flambées de choléra en Afrique
Il y a urgence. Notamment en Afrique, où 40 à 80 millions de personnes vivent dans des zones où le risque de contracter le choléra est haut.
 
Aujourd’hui, plusieurs pays comme la République démocratique du Congo (RDC), le Nigeria, la Somalie, l’Ethiopie et le Kenya, connaissent une situation préoccupante.
 
Depuis le début 2017, la RDC, a recensé 528 morts dans 20 de ses 26 provinces. Au Nigeria, la flambée du choléra dans l'Etat de Kwara s’est propagée dans le nord-est du pays. Et le Tchad connaît une épidémie «près des frontières soudanaise et centrafricaine».

Un enfant somalien soigné à l'hôpital régional Bay State en Somalie 2017
Un enfant somalien soigné à l'hôpital régional de Bay State en Somalie, le 30 mars 2017. Au centre et au sud du pays, la sécheresse rend les populations vulnérables aux épidémies de choléra.  © Arif Hudaverdi Yaman / ANADOLU AGENCY
 
La Corne de l’Afrique est également très touchée. Ainsi, en Somalie, le choléra est à l’origine de 36.000 contaminations et 500 décès depuis janvier. En «Ethiopie, 29.000 cas ont été répertoriés dans trois régions: Warder/Dollo concentrant 72% des cas, Degehabut (14%) et Korahe (7%). Et 40.000 nouvelles infections pourraient potentiellement se déclarer dans le prochain trimestre», déplorait en mai, Médecins du Monde.
 
L’OMS s’inquiétait à l’été de l’épidémie de choléra au Kenya, où 300 cas d’infection rien qu’à Nairobi avaient été répertoriés sur les mois de juin et de juillet.

Des décès aujourd'hui évitables 
«Cette maladie fait payer le plus lourd tribut aux populations pauvres et vulnérables, ce qui est inacceptable. La feuille de route est le meilleur moyen d’y mettre fin», a déclaré le 3 octobre le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
 
Et d’ajouter: «Chaque décès dû au choléra est évitable avec les outils à notre disposition aujourd’hui, comme le vaccin anticholérique oral et l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement de base et à l’hygiène, ainsi que le décrit la feuille de route.»

De plus, un vaccin anticholérique oral permet depuis quelques temps d’ancrer la lutte sur du plus long terme. Chaque personne peut dorénavant être vaccinée pour 6 dollars, ce qui la protège pour une durée de trois ans.
 
Aujourd’hui dans le monde, selon l’OMS, «près de 1,8 milliard de personnes boivent de l’eau provenant de sources contaminées par des excréta où le bacille du choléra est susceptible d’être présent, tandis que 2,4 milliards de personnes n’ont pas d’installations correctes d’assainissement. La faiblesse des systèmes de santé et des capacités de détection précoce contribue elle aussi à la propagation rapide des flambées.»

Vacciner dans les régions les plus atteintes par le choléra est le défi que les organisations internationales et les Etats ont à relever pour éradiquer la maladie.