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Guinée Equatoriale,  Afrique

ONU: la Guinée Equatoriale siège pour la première fois au Conseil de sécurité

Par Dominique Cettour Rose@GeopolisAfrique | Publié le 07/06/2017 à 12H35, mis à jour le 07/06/2017 à 12H39

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo en Ethiopie 31 janvier 2017
Le président de la Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, lors de la cérémonie de clôture du 28e Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 31 janvier 2017. © Minasse Wondimu Hailu / ANADOLU AGENCY

La Guinée Equatoriale, petit Etat pétrolier du centre-ouest de l’Afrique, a été élue, pour la première fois, au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce pays deviendra à partir du 1er janvier 2018, membre non permanent de l’organe exécutif des Nations Unies avec la Côte d’Ivoire, qui occupera le deuxième siège réservé à l’Afrique.


Pour la première fois, la Guinée Equatoriale siègera en tant que membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies. Les 193 membres de l'Assemblée générale lui ont accordé, le 2 juin 2017, 185 voix. La Côte d'Ivoire a elle aussi recueilli 185 voix lui permettant d'occuper ainsi le deuxième siège réservé à un pays africain au sein de cet organe exécutif. Une élection que le président ivoirien Ouattara voit comme une victoire diplomatique de son pays, selon le site Ivoire Times.

Ont également été élus pour deux ans à cette fonction le Koweït (188 voix), la Pologne (190 voix) et le Pérou (186 voix). Ces cinq nouveaux membres remplacent ainsi l'Egypte, le Japon, le Sénégal, l'Ukraine et l'Uruguay.

Les réserves de l'ONG Human Rights Watch
L'ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a fait part de ses inquiétudes quant à l’accession de la Guinée Equatoriale au Conseil. Dirigé depuis près de 40 ans par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, ce riche pays pétrolier du centre-ouest de l’Afrique a derrière lui «une longue histoire de harcèlement, de détentions arbitraires et d'interférences dans le travail des défenseurs des droits de l'Homme», a souligné Louis Charbonneau, directeur de HRW à l'ONU, espérant que le pays «n'essaiera pas de bloquer les tentatives d'inclure davantage la défense des droits de l'Homme» au Conseil de sécurité.

Le 2 juin 2017, l'Assemblée générale a également élu, en début de séance, pour un an, les Pays-Bas qui occuperont, à partir du 1er janvier 2018, le siège actuellement pourvu par l’Italie. Ces deux pays étaient convenus, en 2016, de partager ce mandat, l'Assemblée générale n’étant alors pas parvenue à départager ces deux candidats à l’issue de cinq tours de scrutin extrêmement serrés.

Les pays africains réclament un siège permanent
Selon les règles de l'ONU, les dix sièges des membres non permanents doivent être attribués à raison de cinq pour des Etats d'Afrique et d'Asie, un pour l'Europe de l'Est, deux pour l'Amérique Latine, et deux pour les Etats d'Europe de l'Ouest et les autres Etats. 

En dehors du Royaume-Uni, de la Chine, France, Russie et des Etats-Unis, qui disposent d'un droit de véto en tant que membres permanents du Conseil, et les six membres qui viennent d'être renouvelés, le Conseil de sécurité sera également composé, en 2018, de la Bolivie, de l’Ethiopie, du Kazakhstan et de la Suède.

Les pays africains réclament une place au rang des membres permanents, n'ayant jamais pu accéder à ce poste depuis la création de l’ONU en 1945. Récemment encore, le président en exercice de l’Union africaine, Alpha Condé, demandait deux sièges pour l’Afrique en tant que membres permanents.