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Ouganda: la «vente» de filles mineures dans les camps de réfugiés inquiète l’ONU

Par Géopolis (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 06/02/2018 à 12H35, mis à jour le 06/02/2018 à 12H35

Une famille réfugiés sud-soudanais
Une famille de réfugiés sud-soudanais dans le camp d'Imvepi, en Ouganda, le 27 juin 2017.   © Gioia Forster / DPA/ AFP

L’Ouganda a annoncé le 5 février 2018 l’ouverture d’une enquête sur des allégations de fraudes massives liées à l’aide humanitaire. En cause: la gestion des camps de réfugiés où des filles sud-soudanaises seraient vendues comme épouses et renvoyées dans leur pays en guerre.


C’est la coordinatrice de l’ONU en Ouganda qui a donné l’alerte. Inquiétée par des allégations sur une vaste affaire de corruption et de trafic d’êtres humains dans les camps de réfugiés, Rosa Malango demande au gouvernement l’ouverture d’une enquête. Dans le même temps, un audit interne est lancé au sein du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR).
 
Vente de réfugiées
Le gouvernement ougandais dit prendre très au sérieux la question de «trafic de filles mineures et de femmes» mais ne donne pas plus de détails. Des sources diplomatiques citées par l’AFP soulignent qu’il s’agit de réfugiées sud-soudanaises se trouvant dans des camps dans le nord de l’Ouganda. Elles auraient été vendues comme «épouses» à des combattants et renvoyées dans leur pays en guerre. Des fonctionnaires ougandais pourraient être impliqués.
 
Détournement de l’aide humanitaire
Outre le trafic d’êtres humains, les allégations portent aussi sur un important détournement de fonds dans le cadre d’une corruption liée à l’aide humanitaire.

Des ONG travaillant sur place ne semblent pas étonnées par ces révélations. Plusieurs d’entre elles soupçonnent depuis des années une gestion frauduleuse des camps de réfugiés. «Si vous dites qu’il y a 1.000 réfugiés et qu’il y en a 800, et bien vous gardez pour vous l’aide destinée aux 200 réfugiés» qui n’existent pas, explique un des responsables à l’AFP.
 
Premières conséquences
Suite à ces accusations, un important donateur a suspendu la majeure partie de l’aide humanitaire qu’il fournit et d’autres menacent de lui emboîter le pas.

Un coup dur pour l’Ouganda, considéré jusque là comme un «modèle pour le reste du monde» en matière d'accueil, selon une déclaration récente du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. 
Le pays de près de 30 millions d'habitants accueille plus de 1,4 million de réfugiés dont un million de Sud-Soudanais.