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Ouganda : une série de découvertes macabres de femmes mutilées épouvante le pays

Par Géopolis (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 20/09/2017 à 12H04

Meurtres femmes en Ouganda
Contrôle policier à Katabi © ISAAC KASAMANI / AFP

Une série de meurtres de femmes, aussi mystérieux que macabres, perpétrés depuis quelques mois dans le sud de l'Ouganda suscite l'effroi des habitants, qui organisent des patrouilles citoyennes, alors que les autorités réfutent l'hypothèse d'un tueur en série.

«Nous n'arrêtons pas de trouver des corps. C'était une fois par mois, puis une fois toutes les deux ou trois semaines et enfin chaque semaine», constate Rose Nakasinge, une agricultrice d'âge mûr. «Il fallait qu'on fasse quelque chose».
 
Depuis mai, les corps affreusement mutilés d'au moins 20 femmes ont été retrouvés dans deux zones du comté de Wakiso. Les victimes étaient pour la plupart jeunes. Beaucoup ont été violées et étranglées, certaines avaient des parties du corps démembrées.
 
Fin août 2017, la police avait annoncé avoir arrêté plus de 30 personnes et inculpé 13 d'entre elles pour «meurtre et terrorisme». Mais elle n'a rendu public aucun élément. Et les meurtres ont continué, forçant la population locale à intervenir.


«Meurtres rituels»
Officiellement, neuf corps ont été retrouvés autour de Katabi. Mais un journaliste local, George william Kakooza, pense que le vrai chiffre est plus élevé. «Les premiers corps ont été trouvés en février, mais personne n'a remarqué les similitudes. Certaines des femmes étaient des prostituées et elles étaient pauvres», explique-t-il.
 
George William Kakooza a attentivement comparé ces meurtres. «Quelqu'un disparaît, puis quelques jours plus tard, parfois une semaine, son corps décomposé est découvert. Mais sur les lieux, il n'y a pas de sang, ni de signes de lutte. Je pense qu'on les emmène quelque part et qu'on abandonne ensuite leur corps».


«Tueur en série»
Pour le porte-parole de la police nationale, Asan Kasingye, «il n'y a pas de tueur en série en liberté». Il a récemment mis cause «un gang criminel organisé ayant de forts liens avec des meurtres rituels», lors d'une conférence de presse. Le chef de la police ougandaise, Kale Kayihura, a assuré «maîtriser la situation». Mais ces mots ne rassurent pas les femmes de la région.
 
Alors que les cadavres s'accumulent, la confusion ne fait qu'augmenter. Au Parlement, le ministre de l'Intérieur Jeje Odongo a affirmé savoir que «deux hommes d'affaires», nommés dans la presse locale, avaient engagé un tueur en série pour commettre des meurtres rituels censés leur apporter la prospérité. Des informations non confirmées par la police.




Le ministre de l’Intérieur a indiqué à l'AFP qu'un suspect arrêté avait reconnu avoir tué neuf femmes «qu'il avait étranglées avant de collecter leur sang». Mais il n'a apporté aucun élément susceptible d'étayer ses affirmations.