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Palmier à huile, champion de la déforestation en Afrique

Par Martin Mateso@GeopolisFTV | Publié le 23/02/2016 à 17H49

Plantations palmiers à huile
Plantations de palmiers à huile dans le sud-est du Cameroun. © Photo AFP/Cyril Ruoso

Le rapport publié par Greenpeace France le 23 Février 2016 est particulièrement alarmant. L’Afrique est devenue un nouveau terrain de jeu des industriels du palmier à huile et de l’hévéa, dénonce l’ONG. Des dizaines de milliers d’hectares de forêts sont convertis en plantations avec de lourdes conséquences sur le réchauffement climatique et le cadre de vie des populations locales.

Huit pays d’Afrique centrale et de l’Ouest font parti de ce nouvel eldorado des industriels de l’huile de palme : Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Libéria, Nigeria, RDC, Sao-Tomé-et-Principe et Sierra Leone.
 
«On assiste actuellement à une véritable ruée sur les forêts africaines. Les investissements s’y multiplient, attirés par des conditions climatiques idéales et surtout des règlementations peu contraignantes, ou particulièrement favorables aux investissements étrangers», souligne Greenpeace.
 
La ruée sur les forêts africaines
Dans la ligne de mire du rapport : la société holding luxembourgeoise Socfin, l’un des plus importants planteurs sur le continent. Ses concessions, dont le groupe Bolloré détient 38,75%, couvriraient plus de 325.000 hectares. Les palmiers à huile couvrent 80.000 hectares. Les plantations d’hévéas s’étendent sur 50.000 d’hévéas.
 
Les superficies plantées pourraient même doubler dans les prochaines années, alors que ces concessions abritent des forêts tropicales stockant des quantités importantes de carbones.
 
«Les forêts détruites ou endommagées ne peuvent plus jouer leur rôle dans la régulation des cycles de l’eau, la protection contre l’érosion, la sauvegarde de milliers d’espèces végétales et animales ou comme cadre de vie des populations», prévient Greenpeace.

Forêt tropicale gabonaise
Le complèxe d'aires protégées de Gamba dans la forêt tropicale du Gabon, très riche en biodiversité. © AFP/Arnaud Greth

En RDC par exemple, la Socfin dispose d’une concession de plus de 29.000 hectares dans la province du Kasaï.  Pour l’instant, 6.090 hectares seulement sont plantés et 20.000 hectares de forêts denses sont potentiellement menacés.
 
Selon une carte de la compagnie consultée par Greenpeace France, la superficie totale de la concession atteindrait 210.000 hectares.
 
«Ces plans d’extension entraîneraient des dégagements massifs de C02 et menaceraient les cultures vivrières, la chasse et la cueillette des populations
 
A Sao Tomé, les analyses réalisées par Greenpeace France montrent que l’ensemble du carbone stocké dans les zones déboisées par une filiale de la Socfin s’élevait à plus de 600.000 tonnes d’équivalent C02. C’est l’équivalent des émissions annuelles d’une petite centrale à charbon.
 
«Certaines concessions jouxtent des écosystèmes uniques. A Sao Tomé, les plantations s’étendent au sein de la zone tampon d’un parc naturel national. Or, contrairement à ses principaux concurrents du secteur de l’huile de palme, la Socfin n’a pas de politique visant à empêcher la déforestation dans ses projets», souligne Cécile Leuba, chargée de campagne pour Greenpeace France.
 
Dans le même temps, les forêts africaines constituent d’immenses puits de carbone, en particulier les forêts tropicales du bassin du Congo, deuxième massif forestier du monde après l’Amazonie. A la biodiversité exceptionnelle.
 
Famille pygmés

Une famille de pygmés dans la forêt tropicale en république centrafricaine. © Photo AFP/Doelan Yanni


Peuples indigènes spoliés
Ces forêts fournissent une panoplie de plantes médicinales servant aux soins de santé. Des médicaments traditionnels qui proviennent en grande partie de la forêt, précise le site notre planète.
 
Greenpeace France appelle la Holding luxembourgeoise Socfin  et son partenaire Bolloré,  à s’engager dans «une politique de plantation zéro déforestation, respectueuse des droits des communautés locales».
 
Selon la FAO, 60 millions de peuples indigènes dépendent presque entièrement des forêts de par le monde; 300 millions de personnes vivent dans ou aux alentours des forêts et plus d’un milliard et demi de personnes dépendent à divers degrés des forêts pour vivre.
 
«Quand on détruit des échos systèmes forestiers, on détruit leur cadre de vie», souligne Greenpeace France.
 

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