Pêche à la crevette : les esclaves de l’industrie thaïlandaise

Par Laurent Filippi | Publié le 29/04/2016 à 15H59, mis à jour le 24/12/2016 à 11H54

Avec «Seafood From Slaves», l'agence Associated Press a remporté en avril 2016, pour la 52e fois, le Prix Pulitzer, mais pour la première fois dans la catégorie «Service public», le prix le plus convoité.

Cette enquête, sur les forçats du Sud-Est asiatique employés dans l’industrie thaïlandaise de la pêche à la crevette, a été réalisée sur plus d’une année par Esther Htusan, Margie Mason, Robin McDowell et Martha Mendoza dans des conditions très dangereuses. 

Les éditions Associated Press ont publié ce reportage 

  • Ces reportages traitent l'esclavage pêcheurs crevettes en Indonésie
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    Ces reportages traitent de l'esclavage des pêcheurs de crevettes en Indonésie

    pour la très rentable industrie des produits de la mer thaïlandaise. Un marché qui rapporte sept milliards de dollars par an à la Thaïlande, troisième plus grand exportateur de crustacés du monde.  © Gemunu Amarasinghe/AP/SIPA

  • Les bateaux qui restent plusieurs mois en mer voire plusieurs années
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    Les bateaux, qui restent plusieurs mois en mer voire plusieurs années,

    ont besoin d’une main d’œuvre conséquente. Les travailleurs de la mer sont embarqués sur des prisons flottantes. La plupart sont birmans, cambodgiens ou laotiens, trompés par des courtiers véreux qui leur donnent de faux papiers d’identités thaïlandais. © Dita Alangkara/AP/SIPA

  • La surpêche a décimé stocks près côtes Thaïlande.
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    La surpêche a décimé les stocks près des côtes de la Thaïlande.

    Les chalutiers sont contraints de s'aventurer de façon illégale dans des eaux étrangères, comme la mer d'Arafura, baignant les îles de l'est de l’Indonésie et les côtes du nord de l’Australie. Elle est l’une des plus riches en poissons au monde (thons, maquereaux, calmars, crevettes). De nombreuses flottes de pêche illégales n’hésitent pas à y jeter l’ancre. Des milliards de dollars de fruits de mer y sont volés chaque année. © AP/SIPA

  • Un esclave est vendu environ 1000 dollars
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    Un esclave est vendu environ 1000 dollars,

    selon le directeur de l’organisation Labour Rights Promotion Network Foundation. Certains ont été drogués et kidnappés, parmi eux des enfants, des malades et mêmes des personnes handicapées. Myint Naing, un ancien esclave, n’a pu revoir sa famille que 22 ans après son départ de son village natal. L'ONU a déclaré que près de 60% des travailleurs birmans de l’industrie de la pêche sont victimes de travaux forcés.  © Gemunu Amarasinghe/AP/SIPA

  • Démarrée début 2015
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    Démarrée début 2015,

    l’enquête a permis d’interroger 340 esclaves. Tous ont raconté leur calvaire pendant leurs nombreuses années de captivité. Frappés, fouettés, obligés de travailler vingt heures par jour, sept jour sur sept. Certains ont été jetés par-dessus bord dans des mers infestées de requins. Des cadavres ont été retrouvés dans des congélateurs. Beaucoup se sont suicidés. © Margie Mason/AP/SIPA

  • D’autres ont été abandonnés sur î
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    D’autres ont été abandonnés sur des îles

    et parfois enfermés dans des cages comme sur l’île indonésienne de Benjina. Suite à ces révélations, des membres du gouvernement indonésien se sont rendus sur l’île pour libérer les pêcheurs. © Dita Alangkara/AP/SIPA

  • Lors escales
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    Lors des escales,

    des marins en profitent pour s’échapper et se réfugier dans la jungle des îles. Ayant peur d’être de nouveau capturés par des chasseurs d'esclaves, certains préfèrent rester cachés dans la jungle pour essayer d’y reconstruire une famille. L'Organisation internationale pour les migrations estime que 4.000 hommes pourraient avoir trouvés refuge sur ces îles. © Dita Alangkara/AP/SIPA

  • Cette enquête a permis
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    Cette enquête a permis

    de remonter la chaîne d'approvisionnement des produits qui fournissent les supermarchés américains et les grands magasins à travers le monde. En Thaïlande, il existe des dizaines de hangars tenus secrets où s’entassent des travailleurs migrants à qui l’on a confisqué les papiers d’identité.  © Dita Alangkara/AP/SIPA

  • Des hommes femmes parfois enceintes enfants
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    Des hommes, des femmes parfois enceintes, et des enfants

    travaillent dans des conditions effroyables à nettoyer, éplucher et emballer les crevettes. La Thaïlande est l’un des principaux fournisseurs des Etats-Unis qui achète près de 20% des exportations annuelles. © Esther Htusan/AP/SIPA

  • Selon l'AP
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    Selon l'AP,

    «Les Nations Unies étudient actuellement les abus du travail dans les chaînes d'approvisionnement, comme les procureurs de district locaux et les organismes d'application de la loi fédérale. L'Union européenne a mis en garde la Thaïlande qu'elle risquait une interdiction des crustacés d'importation de l'UE si elle ne réussit pas à traiter rapidement le problème de l'esclavage dans cette industrie. Et le département d'Etat américain a décidé de maintenir la Thaïlande sur sa liste noire des pays pour la traite des êtres humains.» © Wong Maye-E/AP/SIPA

  • Mais département d'Etat américain reste sur ses gardes
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    Mais le département d'Etat américain reste sur ses gardes:

    «Le manque de clarté dans les lois et les pratiques empêchent les autorités thaïlandaises d’identifier les victimes du travail forcé et à poursuivre les coupables.» © Gemunu Amarasinghe/AP/SIPA

  • Si ces pratiques sont secret polichinelle
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    Si ces pratiques sont un secret de polichinelle,

    ces reportages ont pu dévoiler et surtout prouver au reste du monde la véracité de ces pratiques barbares que les autorités thaïlandaises ont longtemps niées. 2.000 personnes ont pu être libérées. Une douzaine d’autres arrêtées. Des millions de dollars ont été saisis, des usines fermées et des législations concernant la transparence des fournisseurs de nourriture ont été introduite au Congrès américain.   © Dita Alangkara/AP/SIPA

  • Ne cachant pas sa fierté lors remise Prix
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    Ne cachant pas sa fierté lors de la remise des Prix,

     le président de l'AP Gary Pruitt, entouré des quatre reporters, cité par Le Petit Journal, a déclaré: «Cette série de reportages a été l'une des œuvres les plus remarquables jamais produites par l'AP ou qui que ce soit d'autre sur le sujet... Et n'est-ce pas la raison pour laquelle nous travaillons tous à l'AP : pour soutenir ce genre de travaux? Pour informer. Avoir un impact et, peut-être, faire de ce monde un endroit meilleur.»  © Mark Lennihan/AP/SIPA