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Etats-Unis,  Amérique

Peine de mort: le midazolam bientôt périmé, l’Arkansas accélère les exécutions

Par Géopolis (avec agences)@GeopolisAfrique | Publié le 25/04/2017 à 16H01

Peine mort aux Etats-Unis l'Arkansas a prévu 8 exécutions en 11 jours
Peine de mort aux Etats-Unis: l'Arkansas a prévu 8 exécutions en 11 jours. © HO / ARKANSAS DEPARTMENT OF CORRECTION / AFP

L'Arkansas a procédé, au soir du 24 avril 2017, à une double exécution très controversée de deux condamnés à mort, une première aux Etats-Unis depuis 17 ans. La prochaine est prévue dans 48 heures. Un rythme dénoncé par les associations. L’anxiolytique midazolam arrive à expiration le 30 avril 2017.


Jack Jones et Marcel Williams, condamnés de façon distincte dans les années 1990 pour viol et meurtre, ont chacun reçu une injection létale, le 24 avril 2017 au soir. Le décès des deux hommes s'inscrit dans un calendrier très controversé d'exécutions accélérées en Arkansas, en raison de la proche péremption d'une substance utilisée dans les injections mortelles.

 
Jones, 52 ans, et Williams, 46 ans, sont les deuxième et troisième détenus mis à mort en avril dans cet Etat qui avait initialement prévu d'exécuter huit prisonniers en 11 jours. Ce programme d'exécutions précipitées a été la cible de multiples assignations en justice et d'une mobilisation internationale des opposants à la peine de mort. Cette bataille judiciaire s'est pour l'heure soldée par la suspension de quatre des exécutions prévues, une cinquième ayant été, elle, pratiquée le 20 avril.
 
Outre les deux exécutions réalisées lundi 24, une dernière est prévue le 27 avril. Le dernier Etat américain à avoir exécuté deux détenus en un jour est le Texas, le 9 août 2000.
 
7 minutes après l’injection, le condamné à mort toujours conscient
Les avocats de Marcel Williams ont lancé un ultime appel en justice, affirmant que l’exécution de Jack Jones ne s'était pas bien déroulée. Les agents pénitentiaires ont d'abord, selon eux, échoué à poser un cathéter central au niveau du cou de Jones, étant forcés de se rabattre sur la pose de deux voies veineuses périphériques sur les bras du détenu. Six à sept minutes après l'injection du premier produit censé plonger dans une profonde inconscience le prisonnier, celui-ci «remuait ses lèvres et luttait pour respirer», ont-ils écrit dans leur recours. La juge fédérale Kristine Baker a alors pris une injonction de suspension temporaire de la deuxième exécution prévue, le temps d'examiner la validité de ces arguments.

 
L'Etat a de son côté dénoncé des affirmations «complètement infondées» en assurant que la première exécution s'était déroulée dans les règles. Une fois l'injonction levée, Marcel Williams a été mis à mort tandis que des militants contre la peine capitale tenaient une veillée funèbre à l'extérieur de la prison. En annonçant fin février son intention de procéder à huit exécutions en onze jours – un rythme inédit dans l'histoire américaine – le gouverneur conservateur Asa Hutchinson a déclenché une vive polémique.
 
Ce projet d'exécutions a été dénoncé par l'Union européenne, Amnesty International, Human Rights Watch ou encore par le maître du roman noir John Grisham, natif de l'Arkansas.

 
30 avril, date d’expiration du midazolam
L'Arkansas n'avait procédé à aucune exécution depuis 2005. Les injections létales sont composées de trois produits administrés l'un après l'autre. Celui qui arrive à expiration le 30 avril, le midazolam, est un anxiolytique accusé de ne pas plonger suffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grave douleur.