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Europe,  Europes,  Européennes 2014

Plans sur la comète

Par Véronique Auger@GeopolisAfrique | Publié le 18/04/2014 à 16H00, mis à jour le 18/04/2014 à 16H00

Elisabeth Guigou
Elisabeth Guigou, auteur du livre "L'Europe, Les défis à venir de la première puissance économique mondiale" au Cherche Midi © Joel Saget/AFP

L’association Europresse rencontrait jeudi Elisabeth Guigou, première femme à diriger la très masculine Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et ouvertement candidate au remplacement de Mme Catherine Ashton au poste de Haut Représentant dans la prochaine Commission.

Son constat sur l’Europe a le mérite d’être clair : «  Il faut montrer que cette Europe que nous n’aimons pas, qui n’est pas démocratique, qui a été faible pendant la crise, doit changer ». Et elle accuse les anciens dirigeants (Barroso en tête), ceux qu’elle appelle les « libéraux-conservateurs », d’avoir été incapables de définir des politiques et de s’être noyés dans les normes et règlements.

Sa stratégie pour les élections européennes est non moins claire : Le débat ne doit pas porter sur « Sommes-nous pour ou contre l’Union européenne »  mais sur quelle Union on veut. Celle qu’elle souhaite doit avoir pour objectif unique de faire repartir la croissance.
Marine Le Pen ? Il faut lui dire des choses simples comme : « Vous voulez sortir de l’euro ? A combien chiffrez-vous la tasse de café à la sortie ? » Elisabeth Guigou se propose pour la combattre femme à femme (entendez à égalité de temps de parole et de traitement) sur les plateaux de télé.
Bref, elle souhaite que le parti socialiste ne mène pas la même campagne frileuse que la fois dernière.

Elle n’a aucun doute sur le fait que, si un groupe politique gagne franchement les élections sa tête de liste européenne devienne le futur Président de la Commission. Martin Schulz a bien évidemment sa préférence (et elle le croit très soutenu par le SPD, donc à fortiori par Angela Merkel) mais, manifestement, elle ne déteste pas Juncker.
Elle n’exclut pas cependant qu’en cas de faible différence entre le PPE et les S&D un troisième personnage puisse être choisi par les chefs d’état et de gouvernement. Pascal Lamy, Christine Lagarde ? L’hypothèse est cependant peu probable à son avis.

Pour les autres postes de Vice Président ou de simple commissaire, elle affirme que le Président Hollande n’a pas encore décidé quel poste il demanderait et qui il proposerait. C’est d’ailleurs son intérêt, dit-elle, de laisser les choses ouvertes jusqu’à ce que l’on connaisse le nom du Président.
Elle estime que, pour avoir l’Europe que l’on souhaite, il faut obtenir le poste ayant le plus d’influence possible sur la conduite des affaires européennes et sur les priorités économiques. Il faut donc arracher une vice-présidence. La première, si possible, à savoir le poste de Haut représentant. Même si, selon elle, Cathy Ashton n’a pas démérité étant donné le contexte dans lequel Barroso l’a fait travailler, elle lui reproche d’avoir délaissé le versant politique de sa mission, c'est-à-dire son rôle au sein de la Commission. Le futur Haut représentant pourrait avoir une responsabilité sectorielle ou celle de coordonner les aspects extérieurs de l’Union.
Si ce poste échappe à la France, elle suggère de postuler pour trois autres : économie, concurrence ou commerce extérieur. Avec le titre de vice président. Quand on lui fait remarquer que la France, peu vertueuse aux yeux des autres états membres, risque d’avoir du mal à obtenir ces mandats, elle suggère une autre idée : Commissaire à l’énergie et aux changements climatiques. Et vice président. Bien entendu…