Eclairage

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Lobbyiste pour la bonne cause, celle des vignobles et des territoires européens

Par Dominique Voegele@GeopolisAfrique | Publié le 23/04/2015 à 14H29, mis à jour le 23/04/2015 à 14H40

Vignoble européen
© EP-2013

La viticulture européenne, c’est 65% de la production mondiale de vins et spiritueux. Un secteur qui cherche à se défendre, à influer sur les décisions des politiques. Un secteur qui pratique donc fort logiquement le lobbying. Eclairage sur l’AREV, l’Assemblée des Régions Viticoles européennes.

Ce sont aujourd’hui 70 régions qui se sont regroupées dans cette structure née en 1988. Sur les fonds baptismaux, non pas de l’eau bénite mais du bon Bordeaux, mâtiné de vin d’Arbois. En effet les deux fondateurs politiques seront Jacques Chaban-Delmas, ancien « seigneur » d’Aquitaine et le jurassien Edgar Faure, très engagé lorsqu’il s’agit de régions et de territoires. Il était aussi à l’origine de l’ARE, l’Assemblée des régions d’Europe, ancêtre du Comité des régions. Au départ, il s’agissait d’examiner cette politique viticole européenne, née un peu après la Politique agricole Commune, en 1962. Mais l’originalité de l’AREV, c’est son fonctionnement, ses statuts. Une rencontre entre politiques et professionnels, axée sur la notion de territoire viticole. Jean-Paul Bachy, président de la Région Champagne-Ardenne a présidé l’AREV durant 7 ans.


 
 
Succès oui, si l’on tient compte des régions qui rejoignent l’AREV y compris celles qui vivent un peu aux confins de l’Union européenne. En Géorgie ou en Serbie ou depuis quelques jours la région de Zajecar a rejoint l’assemblée. Mais l’AREV est-elle écoutée, entendue par les instances européennes, en clair, le lobbying fonctionne-t-il ?


 
 
Et de fait, ces fameux droits de plantation demeurent encadrés. On est loin du libéralisme affiché dans un premier temps par la Commission européenne, même si c’est vrai, le Commissaire à l’agriculture de l’époque, le roumain Dacian Ciolos ancien élève de Sup Agro à Montpellier était lui bien plus modéré dans son approche du problème.
 
Du travail en perspective
 
Car d’autres gros dossiers attendent la viticulture européenne. Parfois très techniques. Les vignobles en pente difficiles et chers à exploiter et qui pourtant font de grands vins et participent du patrimoine paysager de l’Europe, la flavescence dorée, une maladie terrible pour la vigne et qui venue des vignobles du Sud remonte petit à petit. Même la Bourgogne est touchée. Et puis, il y a les négociations du fameux Traité transatlantique entre l’union européenne et les Etats-Unis. Avec une crainte, la remise en cause des Indications géographiques ou des AOC, les appellations d’origine contrôlées.
Face à toutes ces questions, il s’agit bien entendu de parler d’une seule voix. Cette voie unique existe-t-elle au sein de l’AREV, souvent en effet en Europe, certaines oppositions géographiques apparaissent, par exemple entre le Nord et le Sud.


 
 
Le lobbying, n’a pas toujours bonne presse. Il est vrai que, parfois, ce type d’associations ou de regroupements professionnels se montrent très agressifs. Inutile de revenir sur les pro-tabacs et leur liste noire de parlementaires nationaux ou européens à éviter. Mais une institution comme l’AREV se doit également de réfléchir de façon plus prospective, et pas uniquement en réaction à tel ou tel projet européen. Etre force de proposition et pas uniquement une voie qui dirait toujours non.


Le nouveau Président de l’AREV est désormais un italien, à la tête de la région du Piémont, Sergio Chiamparino. A lui d’orienter travaux et réflexions. Son souci, et il est réel, faire en sorte que la viticulture européenne et ses territoires s’inscrivent dans un développement durable, en respect avec l’environnement alors que le réchauffement climatique représente une forme d’épée de Damoclès suspendu au-dessus des ceps de vignes européens.