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Présidentielle au Liberia : le second tour aura (enfin) lieu

Par Falila Gbadamassi avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 25/12/2017 à 12H28, mis à jour le 25/12/2017 à 14H31

Joseph Boakai George Weah candidats au 2nd tour présidentielle
 Joseph Boakai ( à droite) et George Weah, les candidats au second tour de la présidentielle au Liberia qui se déroule le 26 septembre 2017.  © JOEL SAGET, BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Le second tour de la présidentielle au Liberia se tient le 26 décembre 2017 alors qu'il était prévu pour le 7 novembre. Le vice-président sortant Joseph Boakai, qui a contesté les résultats du premier tour et voulait un report du second, affrontera l'ex-star du football George Weah. Ce dernier se présente sur un ticket avec la sénatrice Jewel Taylor, ex-épouse de l'ancien président Charles Taylor.


Le second tour de l'élection présidentielle au Liberia se tient le 26 décembre 2017, avec sept semaines de retard sur le calendrier initial. Le sénateur et ex-star du foot George Weah, qui a récolté 38,4% des voix au premier tour, affrontera le vice-président sortant Joseph Boakai, crédité de 28,8% des suffrages.

Initialement prévu le 7 novembre, le second tour avait été suspendu in extremis par la cour suprême à la suite de recours du candidat arrivé troisième au premier tour le 10 octobre, Charles Brumskine (9,6%), appuyé par Joseph Boakai.

Ce dernier a contesté pendant des semaines ce résultat devant la Commission électorale nationale (NEC) puis devant la cour suprême, arguant que le scrutin avait été entaché de «fraudes et d'irrégularités».

 
Mi-décembre, le parti de l'ancien vice-président a réclamé un nouveau report du second tour, arguant que la Commission électorale nationale (NEC) n'avait pas révisé les listes électorales correctement, mais la Cour suprême a rejeté le 28 décembre 2017 cet ultime recours.

Confiants
Au dernier jour de la campagne et alors que le lundi 25 décembre, jour de Noël, est férié au Liberia, les deux finalistes se disent certains de l'emporter.

«Vous savez que j'ai participé à des compétitions, dont certaines difficiles, et que j'en suis sorti victorieux», a déclaré George Weah le 23 décembre 2017 à l'AFP. «Je sais que (Joseph) Boakai ne peut pas me battre. J'ai le peuple avec moi, un grand parti et une coalition puissante. Je me suis préparé pour diriger ce pays et la victoire sera nôtre.»

«La victoire est mienne», a assuré le lendemain le vice-président sortant à son arrivée à une réunion de campagne organisée par les représentants de la communauté peulhe à la Painty Town Community, un quartier populaire de la capitale, Monrovia, qualifiant l'atmosphère de sa campagne de «très joyeuse».

Le Liberia est la première République d'Afrique noire, fondée en 1822 sous l'impulsion des Etats-Unis pour des esclaves affranchis. Son système politique conserve de nombreuses similitudes avec celui des Etats-Unis.

George Weah allié avec Jewel Taylor,  l'ancienne compagne de Charles Taylor
Les candidats à la présidence et à la vice-présidence sont élus sur un «ticket» pour un mandat de six ans. George Weah, l'ancienne star du PSG et du Milan AC, unique Ballon d'or africain à ce jour, se présente ainsi avec la sénatrice Jewel Taylor, ex-épouse de l'ancien président (1997-2003) Charles Taylor.

Chef de guerre pendant le conflit au Liberia, condamné en 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis lors de la guerre civile en Sierra Leone voisine (1991-2001), Charles Taylor conserve une réelle influence dans son pays.

Les bureaux de vote sont ouverts jusqu'à 18h GMT aux quelque 2,1 millions d'électeurs inscrits. Les premiers résultats par la NEC sont attendus quelques jours plus tard. 

L'Union européenne, l'Union africaine et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont toutes déployé des observateurs pour garantir un scrutin libre et transparent. Elles avaient estimé comme largement crédible le déroulement du premier tour, malgré certaines irrégularités et de longs retards relevés dans certaines bureaux de vote.