Présidents africains en exil: retour sur 20 ans d'instabilité politique

Par Falila Gbadamassi | Publié le 11/03/2017 à 17H07

En mars 2012, le président malien Amadou Toumani Touré est renversé. Cette instabilité politique a permis aux djihadistes de s'installer au Mali. Cinq ans plus tard, c'est le Gambien Yahya Jammeh qui quitte le pouvoir après avoir difficilement accepté le verdict des urnes. Il y a 20 ans, c'était le régime de Mobutu qui était balayé. Revue de détail de deux décennies d'exil politique en Afrique.


  • Yahya Jammeh Gambie 1994-2017

    Yahya Jammeh (Gambie, 1994-2017)

    Le 21 janvier 2017, Yahya Jammeh quitte son pays pour la Guinée équatoriale après 22 ans de règne. Il avait «arraché» les rênes du pays à Dawda Diawara le 22 juillet 1994.  Après avoir reconnu sa défaite lors de la présidentielle du 1er décembre 2016 face à son adversaire Adama Barrow, l’ancien président gambien fait volte-face le 9 décembre, plongeant son pays dans une impasse politique auquel son exil a mis fin.

    © AP Photo/Sunday Alamba - 27/02/2014

  • Blaise Compaoré Burkina Faso 1987-2014

    Blaise Compaoré (Burkina Faso, 1987-2014)

    Après 27 ans de règne sur le Burkina Faso, Blaise Compaoré démissionne sous la pression de la rue le 31 octobre 2014. Il avait conquis le pouvoir en renversant son compagnon d’armes, Thomas Sankara. L’ancien président burkinabè, qui a trouvé asile en Côte d’Ivoire, est toujours poursuivi par la justice de son pays en tant qu'ancien ministre de la Défense, notamment pour avoir ordonné de tirer sur les manifestants lors de l'insurrection de 2014. Blaise Compaoré est également dans le collimateur de la justice burkinabè pour l’assassinat de Thomas Sankara.

    © AP Photo/Anja Niedringhaus - 17/12/2009

  • Michel Djotodia Centrafrique 2013-2014

    Michel Djotodia (Centrafrique, 2013-2014)

    Chef de la rébellion de la Séléka, il prend le pouvoir par un putsch en mars 2013 après avoir chassé François Bozizé. Il sera lui-même contraint à la démission le 10 janvier 2014. Michel Djotodia s'est réfugié au Bénin. Il est dans le viseur de la justice centrafricaine.


    © AP Photo/Jerome Delay - 8/12/2013

  • François Bozizé Centrafrique 2003-2013

    François Bozizé (Centrafrique, 2003-2013)

    Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat contre le régime d'Ange-Félix Patassé le 15 mars 2003, il en est chassé à son tour le 24 mars 2013 par la rébellion de la Séléka, alors dirigée par Michel Djotodia. François Bozizé s’installe dans plusieurs capitales africaines, avant d’opter pour la France, où il n’est pas le bienvenu. Il s’est finalement exilé en Ouganda. A maintes reprises, l’ancien président a exprimé le souhait de rentrer en Centrafrique où il est poursuivi par la justice.

    © AP Photo/Ben Curtis - 8/01/2013

  • Amadou Toumani Touré Mali 2002-2012

    Amadou Toumani Touré (Mali, 2002-2012)

    Réfugié au Sénégal, l’ancien président malien a accédé à la magistrature suprême par les urnes. Elu en 2002, puis reconduit en 2007, il est chassé du pouvoir par un putsch le 22 mars 2012.

    © AP Photo/Pankaj Nangia - 11/01/2012

  • Zine el-Abidine Ben Ali Tunisie 1987-2011

    Zine el-Abidine Ben Ali (Tunisie, 1987-2011)

    Ministre de l'Intérieur du président Habib Bourguiba, il le dépose le 2 octobre 1987 en invoquant l'article 57 de la Constitution tunisienne et en mettant en avant la «sénilité» du chef de l'Etat. Après avoir régné sans partage sur la Tunisie, Ben Ali fuit son pays le 14 janvier 2011 suite à la révolution de Jasmin. L’Arabie Saoudite lui accorde l’asile politique. Dans son pays, Zine el-Abidine Ben Ali a été condamné plusieurs fois par contumace.

    © HASSENE DRIDI/AP/SIPA - 12/11/2009

  • Moussa Dadis Camara Guinée 2008-2009

    Moussa Dadis Camara (Guinée, 2008-2009)

    Le capitaine Moussa Dadis Camara succède en décembre 2008 au président Lansana Conté, quelques jours après l'annonce de sa mort. Il est alors le leader du Conseil national pour la démocratie et le développement qui s’est arrogé le pouvoir après le décès du chef d'Etat guinéen. Le 3 décembre 2009, il est blessé par son aide de camp à la suite d'une tentative d'assassinat. Dadis Camara est évacué au Maroc et poursuit sa convalescence au Burkina Faso. Il renonce officiellement au pouvoir le 15 janvier 2010. Moussa Dadis Camara est rentré dans son pays en 2013 pour les obsèques de sa mère. Depuis, il a tenté en vain de revenir en Guinée. 

    © SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA - 5/10/2009

  • Marc Ravalomanana Madagascar 2002-2009

    Marc Ravalomanana (Madagascar, 2002-2009)

    Le 22 février 2002, il s'auto-proclame président de la République à la suite d'un scrutin qui se transforme en duel face à Didier Ratsiraka, le président sortant. Marc Ravalomanana finit par se débarrasser de son adversaire. En mars 2009, il sera à son tour poussé à la démission. Le pouvoir est alors remis à son adversaire Andry Rajoelina. Marc Ravalomanana s’installe en Afrique du Sud après un séjour au Swaziland. En octobre 2014, il regagne Madagascar au grand dam des autorités qui jugent son retour d'exil illégal. Il est assigné à résidence jusqu'en mai 2015. Marc Ravalomanana n'a pas renoncé à la politique. 


    © AP Photo/Jerome Delay - 31/01/2009

  • Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya Mauritanie 1984-2005

    Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya (Mauritanie, 1984-2005)

    Le colonel Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya prend la tête de l'éxécutif mauritanien en faisant un coup d’Etat militaire en 1984. Il sera élu président pour la première fois en 1992. Après deux decennies au pouvoir, il est renversé le 3 août 2005. Le Qatar lui offre l’asile politique. Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya espère toujours finir ses jours en Mauritanie, dans sa ville natale d’Atar.

    © JACK GUEZ/AFP -11/04/2005

  • Ange-Felix Patassé Centrafrique 1993-2003

    Ange-Felix Patassé (Centrafrique, 1993-2003)

    Après deux mandats (élu en 1993 et réélu en 1999), il est renversé en 2003 par François Bozizé. Après s’être exilé six ans au Togo, il revient dans son pays en 2009 pour se porter candidat à la présidentielle de 2010. Les conditions de sa mort en 2011 au Cameroun font polémique. Selon les proches de l’ancien président, le régime de Bozizé ne l'aurait pas laissé sortir à temps de la République centrafricaine pour effectuer les contrôles médicaux qu’exigeait son état de santé.

    © AFP PHOTO/PIUS UTOMI EKPEI - 23/02/2005

  • Charles Taylor Liberia 1997-2003

    Charles Taylor (Liberia, 1997-2003)

    A la tête de la rébellion du Front national patriotique du Liberia qu'il forme en 1989, il arrive au pouvoir à l'issue d'une sanglante guerre civile (1990-1996) pendant laquelle le président libérien Samuel Doe est sauvagement assassiné. Charles Taylor est élu le 19 janvier 1997 président du Liberia dans le cadre d'élections qui s'inscrivent dans le processus de paix que connaît le pays. Il est finalement forcé à la démission le 11 août 2003 par la rébellion, qui s'oppose depuis quelques années à son régime, et par la communauté internationale. Charles Taylor est déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son implication dans la guerre civile en Sierra Leone. L’ancien président libérien s'exile au Nigeria. En mars 2006, les autorités nigérianes finissent par le livrer au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, compétent pour juger des crimes qui ont eu lieu durant la guerre civile dans ce pays (1991-2001).


    © Ben Curtis/AP/SIPA - 26/07/2003

  • Didier Ratsiraka Madagascar 1997-2002

    Didier Ratsiraka (Madagascar, 1997-2002)

    Entre 1975 et 1993, il avait déjà tenu les rênes du pays. Didier Ratsiraka se retrouve de nouveau dans le fauteuil présidentiel en 1997. Cependant, la présidentielle du 16 décembre 2001 débouche sur une crise politique qui oppose le président sortant à son adversaire Marc Ravalomanana. S'appuyant sur les résultats du premier tour de l'élection, le second se déclare vainqueur. «L'amiral rouge» (le surnom de Ratsiraka) refuse, lui, de quitter le pouvoir. Il sera finalement contraint à l'exil en juillet 2002. Didier Ratsiraka s'installe en France. Le changement de régime en 2009 lui permet de revenir dans son pays. Didier Ratsiraka reste un acteur de la vie politique malgache. 

    © Karel Prinsloo/AP/SIPA- 28/02/2002

  • Henri Konan Bédié Côte d'Ivoire 1999-2001

    Henri Konan Bédié (Côte d'Ivoire, 1999-2001)

    Il accède à la magistrature suprême à la suite de la présidentielle de 1995. Quatre ans plus tard, le 24 décembre, il est renversé par le général Robert Guéï. Il s'exile en France de 1999 à 2001. Depuis son retour en Côte d'Ivoire, il est un acteur incontournable de la scène politique ivoirienne.

    © REUTERS/Luc Gnago - 27/10/2010

  • Mobutu Sese Seko RDC ex-Zaïre 1965-1997

    Mobutu Sese Seko (RDC, ex-Zaïre, 1965-1997)

    Le 24 novembre 1965, Joseph-Désiré Mobutu arrive au pouvoir (il le gardera 32 ans) par la voie des armes. En 1972, il devient Mobutu Sese Seko. Il prend le chemin de l'exil quand les troupes rebelles de l'Alliance de forces démocratiques pour la libération du Congo entrent dans la capitale congolaise le 17 mai 1997. Destination, le Togo puis le Maroc où il s'éteint quelques mois plus tard, le 7 septembre. 

    © REUTERS/Jacques Munch - 21/01/1997

  • Pascal Lissouba Congo 1992-1997

    Pascal Lissouba (Congo, 1992-1997)

    Ecarté du pouvoir en octobre 1997 par un coup d’Etat et une guerre civile qui l’oppose à l’actuel président Denis Sassou N’Guesso, Pascal Lissouba trouve refuge en 2004 en France, après un bref séjour à Londres. Condamné par contumace en 2001 à 30 ans de prison officiellement pour «crimes économiques», il est amnistié en 2009. 

    © REUTERS/Pierre Virot - 28/11/1997