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Société,  Maroc,  Afrique

Quand Nestlé concentre les réactions féministes au Maroc

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 03/05/2018 à 15H33

Image émission «Je veux me marier»
La web-série publictaire qui a provoqué la colère des Marocains. © DR

La filiale marocaine de la multinationale helvétique Nestlé s’est pris les pieds dans sa communication en lançant une web-serie destinée à promouvoir un de ses produits, le lait concentré sucré. Hélas pour elle, la campagne intitulée «Je veux me marier» a provoqué une levée de boucliers et la série a été arrêtée…


«Nestlé Maroc prend en compte les réactions qui ont pu voir le jour suite à la diffusion du premier épisode de la web-série intitulée Baghi Ntzewej (Je veux me marier) et décide de l’interrompre.» C’est par ces mots que la firme a indiqué le 26 avril 2018 l’arrêt de sa série qui avait provoqué de vives réactions. Beaucoup d'internautes et de médias marocains avaient dénoncé le caractère sexiste et caricatural de cette campagne de promotion.

 
Il faut dire que le scénario de la mini-série y allait fort dans le stéréotype sexiste. Il s’agissait pour de jeunes femmes de plaire à la mère du prétendant pour que celle-ci choisisse la meilleure (cuisinière) pour épouser son fils. Le tout en faisant de bons desserts au lait Nestlé pour ce dernier.

«Quand la femme marocaine ne vaut pas plus qu’un dessert, quand le mariage est réduit à un jeu "gustatif", quand nos filles jouent le jeu – peu importe qu’il s’agisse d’une mise en scène  et concourent pour plaire au futur "mari dominant" qui n’a que l’embarras du choix, quand nos filles se mettent dans l’étalage, à la merci d’une future belle-mère qui ne voit en l’épouse de son fils kaml makmoul (parfait) qu’une bonne cuisinière (…), c’est que nous touchons le fond», s’est emporté le site Maroc-diplomatique.

«La vidéo est en réalité un concentré d'images misogynes censées entretenir un schéma familial typiquement marocain. La mère qui sacralise son fils (sidi Annass), le fils et roi de la basse-cour (Anass) à l'ego surdimensionné entouré de son harem, la femme qui n'a de mérite que si elle sait cuisiner... Bref, tous les bons vieux clichés d'une société profondément sexiste qui réduit la place de la femme à la cuisine sous couvert de tradition», ajoute le360.


Face au tollé, Nestlé a tenté de rebondir et «remercie ses fidèles consommateurs de l’avoir aidé à prendre conscience de sa maladresse». Un concentré de communication...