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RD-Congo : 2016, année décisive pour la coalition anti-Kabila

Par Martin Mateso@GeopolisFTV | Publié le 05/01/2016 à 17H39, mis à jour le 06/01/2016 à 09H43

Manifestation l'opposition à Kinshasa
L'opposition manifeste contre un troisième mandat de Joseph Kabila à Kinshasa, le 15 septembre 2015. © Photo AFP/Junior Kannah

Ils s’opposent fermement à un troisième mandat anti-constitutionnel du président Joseph Kabila. Et ils disent non à toute tentative de révision de la constitution. Réunis au sein du «Front citoyen 2016», les principaux ténors de l’opposition et ceux de la société civile s’apprêtent à mener des actions de grande envergure dans tout le pays pour imposer l’alternance au sommet de l’Etat.


Ils s’appellent Vital Kamerhe, Félix Tshisekedi, Eve Bazaïza, ou Martin Fayulu. Ce sont tous des opposants de poids au pouvoir de Kinshasa. Ils ont été rejoints par Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga qui a claqué la porte de la majorité présidentielle en septembre 2015.
 
Outre les formations politiques de l’opposition, la nouvelle coalition anti-Kabila lancée le 19 décembre 2015 comprend des membres des organisations de la société civile, des Congolais de la diaspora et des confessions religieuses.
 

Moïse Katumbi ancien gouverneur Katanga

Moïse Katumbi à Lubumbashi, le 28 mai 2015. L'ancien gouverneur du Katanga a annoncé officiellement son ralliement au Front Citoyen 2016. © Photo AFP/ Federico Scoppa


Le bras de fer a déjà commencé
«Il apparaît de plus en plus clair que le changement de la Constitution est en cours, dans le but de modifier le système électoral et d’offrir ainsi à l’actuel président de la République la possibilité de briguer un troisième mandat», affirment les animateurs de la coalition.
 
Ils exigent par conséquent la publication d‘un calendrier électoral consensuel au plus tard le 31 janvier 2016 et la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016.
 
L’objectif est d’organiser, comme le prévoit la Constitution, des élections crédibles avant la fin de l’année 2016. Joseph Kabila «veut faire un coup d’Etat constitutionnel. En appelant à un nouveau système électoral, il veut faire passer le pays dans une nouvelle République» qui lui permettrait de briguer un nouveau mandat que la Constitution lui interdit, explique Vital Kamerhe, président de l'Union nationale congolaise à l’agence Belga.
 
La tenue de la présidentielle qui doit avoir lieu en novembre 2016 est devenue incertaine. Le président Kabila estime que le pays n’a pas l’argent nécessaire pour organiser les scrutins prévus. Il a donc convié l’opposition, sans succès, à examiner «des modalités de vote peu coûteuses». Ses opposants le soupçonnent de chercher à s’accrocher au pouvoir au-delà du terme de son mandat. Ils préparent déjà l'après-Kabila.
 
«J’ai rencontré Félix Tshisekedi (le fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, NDLR). J’ai rencontré beaucoup de personnes. Nous sommes en pourparlers pour avoir un candidat de l’opposition», explique Moïse Katumbi à Radio Okapi.
 
Le Front Citoyen 2016 et l’Eglise catholique, même combat
La coalition anti-Kabila appelle dores et déjà les Congolais à participer massivement à la grande marche du 16 février 2016 qui aura lieu dans tout le pays à l’appel de la conférence épiscopale nationale du Congo pour «faire triompher la démocratie».
 
Le Front Citoyen 2016 a appellé les Congolais à se mobiliser et à agir dans l’esprit de l’article 64 de la Constitution qui stipule que «tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tout groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou en violation des dispositions de la Constitution.»
 
Pour le pouvoir de Kinshasa, cette coalition a été mise en place pour préparer la déstabilisation des institutions élues en République Démocratique du Congo.

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