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Société,  République Démocratique du Congo (RDC),  Afrique

RDC: Dr Love, une application pour informer les jeunes sur la sexualité

Par Catherine Le Brech@GeopolisAfrique | Publié le 30/01/2018 à 12H12

Dr Love appli sur questions sexualité en RDC
Dr Love, une application sur les questions de sexualité en RDC. © Capture d'écran/FTV

En République Démocratique du Congo, parler de sexualité est tabou. Aussi, pour contourner ce problème et informer notamment les adolescents, le Dr Aimé Lokulutu a créé l’application Dr Love.


Et ce médecin sait de quoi il parle, lui qui s’est retrouvé très tôt père d’un garçon aujourd’hui âgé de 21 ans. «Avant que je ne sois adulte, j'avais appris que si une fille (prenait) deux comprimés anti-paludéens avant un rapport sexuel, elle ne pouvait pas tomber enceinte», dit-il à la BBC.

Selon Aimé Lokulutu, ce qui était déjà une question difficile à aborder il y a 20 ans, l’est toujours aujourd’hui, les parents n'abordant que rarement les questions d’ordre sexuel avec leurs enfants. Ce que confirme Uvira: la sensibilisation des jeunes sur la sexualité responsable, reportage de Radio Okapi dans une ville du Sud-Kivu en août 2016. 

Avec une plateforme accessible sur smartphones et tablettes, le Dr Lokulutu aimerait que les jeunes Congolais puissent s'informer. Il a donc créé l’application Dr Love.

Vidéo BBC, mise en ligne le 24 janvier 2018

«Dr Love est une application mobile qui donne accès à des spécialistes. Ces derniers répondent aux questions sur le VIH, les grossesses et la contraception, de manière confidentielle et anonyme», a-t-il expliqué à la BBC.

La prévention a encore de beaux jours devant elle
Selon Médecins du Monde, en RDC, «50% des grossesses ne sont pas désirées, 25% des adolescentes tombent enceintes avant 19 ans (…). L’utilisation de préservatifs demeure rare et (les jeunes) ignorent le plus souvent leur statut sérologique.»

On le voit, la démarche du Dr Lokulutu est louable, mais aujourd'hui, il craint que son application ait à pâtir de la censure d’internet dans son pays, en pleine crise politique. Et de préciser que dans un tel contexte, «aucun bailleur de fond ne vous donnera de l'argent pour développer un projet. Il est impossible de planifier quoi que ce soit, car personne ne sait ce qui va se passer.»