RDC: le brusque réveil des violences dans la province de l'Ituri

Par Véronique le Jeune | Publié le 17/03/2018 à 16H43

Chaque jour depuis décembre 2017 apporte son lot de morts, de blessés, de villages incendiés et de déplacés en Ituri, dans l'est de la République du Congo. Une atmosphère de guerre que la presse congolaise attribue à la reprise d'un conflit territorial entre les Lendu agriculteurs et les Hema éleveurs. Une haine qui avait déjà causé la mort de dizaines de milliers de personnes entre 1999 et 2003.

  • Sur rives lac Albert qui borde frontière avec l'Ouganda.
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    Sur les rives du lac Albert qui borde la frontière avec l'Ouganda.

    Hommes, femmes et enfants, chassés par les attaques soudaines de leurs maisons, se retrouvent nombreux à vouloir embarquer vers l'Ouganda voisin pour y trouver protection. Selon les chiffres (provisoires) fournis par la Communauté iturienne de Kinshasa, 65.000 Congolais ont fait la traversée depuis début 2018. © John WESSELS / AFP

  • Tout emporter vers avenir incertain.
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    Tout emporter vers un avenir incertain.

    Les conditions d'accueil côté ougandais sont très précaires et insalubres. Cette situation est à l’origine d’une flambée de choléra confirmée par les autorités sanitaires ougandaises le 23 février 2018. Plus de 1 000 cas sévères nécessitant une hospitalisation, ont été signalés avec un taux de mortalité très élevé. Selon les ONG, la situation est très alarmante. MSF (Médecins sans Frontières) s’apprête à installer «une station d’épuration des eaux sur le site du débarcadère de Sebagoro pour améliorer l’accès des réfugiés et des communautés hôtes à l’eau potable» explique Ahmad Mahat, coordinateur MSF en Ouganda. © John WESSELS / AFP

  • Des barques surchargées risquent chavirer à tout moment.
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    Des barques surchargées risquent de chavirer à tout moment.

    La traversée (payante) du lac Tchad pour atteindre l’Ouganda prend entre six et dix heures sur des flots souvent tourmentés. Des témoins ont rapporté que des réfugiés se sont noyés après que leur pirogue s'est retournée. © John WESSELS / AFP

  • Une famille «migrants» congolais.
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    Une famille de «migrants» congolais.

    Le climat politique est explosif en RDC où plusieurs élections, dont la présidentielle, sont prévues en décembre 2018. Cette perspective provoque «des foyers de tensions partout dans le pays, au Kasaï, dans les Kivus et maintenant il y a regain des violences dans l'Ituri. Il faut demeurer vigilant et prudent», s'inquiète Juvenal Munubo, député de l'opposition, membre de la commission de Défense et sécurité à l'Assemblée nationale. Mais, dans le même temps, l'opposition accuse le président Kabila, dont le mandat s'est achevé le 20 décembre 2016, de vouloir se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible et finalement sauter la case «élections». © John WESSELS / AFP

  • L'église Bunia chef-lieu province l'Ituri sert aussi refuge.
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    L'église de Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, sert aussi de refuge.

    La ville reçoit des déplacés chaque jour plus nombreux dans des camps improvisés. Les représentants des associations humanitaires s'inquiètent de voir les violences s'approcher de Bunia. Il semble que les jeunes de plusieurs quartiers organisent des patrouilles pour sécuriser les abords de l'agglomération. © John WESSELS / AFP

  • Blessé lors l'attaque son village cet homme est soigné à Bunia.
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    Blessé lors de l'attaque de son village, cet homme est soigné à Bunia.

    Les agressions et mises à sac des villages de la province se répètent sans que les témoins des ONG et certains maires ne voient comment éteindre cette violence. Chaque fois, c'est le même scénario, selon les rescapés: des hommes armés de flèches, de machettes et de fusils commencent par incendier les maisons avant de s'en prendre aux villageois. Parmi les victimes, la plupart sont issues de la communauté Hema (éleveurs). © John WESSELS / AFP

  • A l'hôpital Bunia enfants blessés ou non sont provisoirement protégés.
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    A l'hôpital de Bunia, les enfants blessés ou non sont provisoirement protégés.

    «Selon des informations sérieuses qui nous parviennent, les groupes armés qui naissent ont tendance à recruter volontairement ou de manière forcée les enfants de moins de 18 ans«, déclare à l'AFP un représentant de l'Unicef, Gianfranco Rotigliano, après une visite en Ituri. © John WESSELS / AFP

  • Déplacées loin chez elles mutilées femmes sont très vulnérables.
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    Déplacées loin de chez elles, mutilées, les femmes sont très vulnérables.

    «La crise humanitaire en Ituri est inquiétante. Chaque jour, nous voyons des violences et de nouveaux déplacés. Il y en a qui sont dans des zones inaccessibles (...) Il n’y a pas un territoire d’Ituri qui est épargné par ce phénomène des déplacés », explique Fernando Arroyo, numéro deux du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha) en RDC, qui revient d’une mission à Bunia. © John WESSELS / AFP

  • Corvée d'eau à Bunia dans camp déplacés en formation.
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    Corvée d'eau à Bunia, dans un camp de déplacés en formation.

    Plus de 200.000 personnes ont fui la flambée de violence qui a embrasé l'Ituri depuis fin 2017. Dans la nuit du 12 au 13 mars 2018, une tuerie a eu lieu dans le district de Djugu, au nord de Bunia, alors que le ministre de l'Intérieur se trouvait dans la région depuis plusieurs jours. «Si les violences continuent même lorsque le ministre est sur place, qu'en sera-t-il après son départ», s'est alarmé le responsable d'une ONG. Les habitants s'interrogent aussi sur le rôle des forces de sécurité et leur capacité à protéger les populations. La Communauté iturienne de Kinshasa va plus loin en demandant de relever de ses fonctions le gouverneur de la province, Abdallah Pene Mbaka, «dont la mal gouvernance politique, économique et de développement contribue à la résurgence du conflit armé». © John WESSELS / AFP