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Politique,  République Démocratique du Congo (RDC),  Afrique

RDC : Mandat d’arrêt contre Moïse Katumbi, «un acharnement politique» pour ses partisans

Par Martin Mateso avec agences@GeopolisAfrique | Publié le 17/08/2018 à 11H48, mis à jour le 17/08/2018 à 12H06

L'opposant congolais Moïse Katumbi
L'opposant congolais Moïse Katumbi, lors d'une conférence de presse à Paris le 17 juin 2017. © Photo AFP/Thomas Samson

Nouveaux ennuis pour l’opposant congolais Moïse Katumbi qui se bat toujours pour déposer son dossier de candidature à l’élection présidentielle du 23 décembre. Il est désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt international délivré par les autorités de Kinshasa. Ses collaborateurs dénoncent «un acharnement politique.»

Les partisans de l’opposant congolais Moïse Katumbi dénoncent un acharnement politique de la part des autorités de Kinshasa qui ont lancé un mandat d’arrêt international contre leur candidat. Ses collaborateurs dénoncent une plaisanterie de mauvais goût.

«Aucun Etat sérieux, même africain, ne pourra appliquer ce mandat qui n’est autre qu’une manière d’étouffer l’alternance dans notre pays», a déclaré son porte-parole Jean-Bertrand Ewanga cité par la Radio Okapi.

Mandat transmis à certains pays africains et européens
Pour le ministre congolais de la justice, Alexis Tambwe Mwamba, l’ancien gouverneur du Katanga est «un fugitif» qui est désormais sous le coup «d’un mandat d’arrêt international» émis par le parquet général de la RDC.

Au cours d’une conférence de presse le 16 août à Kinshasa, le ministre congolais a affirmé que les annonces de multiples tentatives de retour au pays de Moïse Katumbi n’étaient qu’un show politique.

«Monsieur Katumbi savait très bien qu’en arrivant sur le territoire congolais, il sera immédiatement arrêté», a expliqué le ministre congolais. Selon lui, le mandat d’arrêt international contre ce «fugitif» a été communiqué à un certain nombre de pays tant africains qu’européens.

«ça ne nous impressionne plus»
Une annonce qui ne semble pas impressionner outre mesure Delly Sesanga, le secrétaire général de la Plateforme Ensemble qui soutient Moïse Katumbi.

«ça devient ridicule et ça ne nous impressionne plus. Moïse Katumbi se trouve à Windhoek (Namibie) où il est arrivé Jeudi pour le 38ème sommet de la communauté de développement d’Afrique australe ( SADC). S’ils veulent l’arrêter, ils peuvent le faire», ironise-t-il devant la presse à Kinshasa.
 
 Ses partisans ont saisi le Conseil d’Etat
Tous les leaders de l’opposition congolaise exigent le retour de Moïse Katumbi pour qu’il participe à l’élection présidentielle. Ses partisans ont saisi le Conseil d’Etat pour demander son retour et le dépôt de sa candidature même après la date limite du 8 août.

Les ennuis de l’ancien gouverneur du Katanga ont commencé en 2015 après son passage dans l’opposition. Alors qu’il quitte le pays l’année suivante pour des raisons médicales, il apprenait, pendant son absence, qu’il était condamné à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière contre laquelle il a fait appel.

Il était ensuite poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’Etat dans une affaire de recrutement présumé de mercenaires, puis accusé d’avoir obtenu la nationalité italienne alors que la loi interdit aux Congolais la double nationalité. Des accusations qualifiées de «farces judiciaires» par son avocat.