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Politique,  République Démocratique du Congo (RDC),  Afrique

RDC: quelque quatre millions de déplacés à cause des violences, plus qu'en Syrie

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 22/01/2018 à 16H55

Distribution vivres au Kasaï en octobre 2017
Le Kasaï, région de la République Démocratique du Congo, a été touchée par des violences en 2017 provoquant le déplacement de plus d'un million de personnes.  © JOHN WESSELS / AFP

La République Démocratique du Congo (RDC) est le pays d’Afrique qui compte le plus de personnes déplacées. En effet, le pays a enregistré quelque 1,7 million de personnes qui ont été contraintes de quitter leur maison en raison des violences en 2017. Au total, le pays compte plus de 4 millions de personnes déplacées, selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).


«A la fin de 2016, on estimait que 6,9 millions de personnes avaient urgemment besoin d’une aide humanitaire – dont plus de 4,2 millions d’enfants», estime de son côté la Croix-Rouge internationale.

Le pays compte environ 78 millions d'habitants. Avec plus de 4 millions de déplacés, le pays connaît une situation humanitaire alarmante. «En 2016, la RDC était le pays du monde comptant le plus grand nombre de personnes déplacées par la violence à l'intérieur de leur pays, soit plus que la Syrie ou l'Irak», précise la Croix-Rouge. Dans cet immense territoire, le chaos intérieur s'ajoute à l'instabilité créée par les conflits aux frontières. 


Cette situation dramatique s’explique notamment par l’accroissement des violences dans des régions qui étaient jusque là à peu près stables, comme le Kasaï ou le Tanganyika. A cette augmentation des violences, s’ajoute, selon l’OIM, une situation «politique incertaine» en raison du report de l'élection présidentielle et la prolongation des troubles dans le pays. 

Neuf millions de personnes connaissent des risques alimentaires
Toutes les organisations internationales mettent en garde sur la situation humanitaire du pays. «Les habitants doivent affronter des épreuves inimaginables, comme le déplacement, la séparation d'avec leurs proches, les exactions, les pillages et le risque d'être blessés ou tués», a déclaré Patricia Danzi, directrice du CICR pour l'Afrique, lors d'une visite en RDC.


Face à cette situation, l'ONU a lancé un appel à l'aide internationale. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) estime à plus d'un milliard et demi de dollars les besoins des populations du pays en danger, qui sont de plus en plus victimes d'épidémies (dont le choléra) et de la faim.

L'agence de l'ONU estime que plus de neuf millions de personnes connaissent des risques alimentaires et que plus de deux millions d'enfants sont «menacés par une malnutrition sévère». Rien que dans la région du Kasaï, «l'état nutritionnel des enfants est particulièrement critique. Car au moins 400.000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë sévère. Ils risquent de mourir s'ils ne reçoivent pas de toute urgence une aide en matière de santé, d'eau, d'assainissement et de nutrition», ont déclaré les agences onusiennes.