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République Démocratique du Congo (RDC),  Afrique

RDC:Sindinka Doloko,gendre du président angolais, avance ses pions contre Kabila

Par Dominique Cettour Rose@GeopolisAfrique | Publié le 24/08/2017 à 11H19

Isabel dos Santos son son mari Sindika Dokolo 5 mars 2015 à Porto.
Isabel dos Santos, fille de l'ex-président angolais José Eduardo dos Santos, et son mari Sindika Dokolo, collectionneur et homme d'affaire congolais, le 5 mars 2015 lors d'une exposition d'art à Porto, au Portugal. © FERNANDO VELUDO / PUBLICO / AFP

En lançant son mouvement citoyen contre Joseph Kabila, «Les Congolais debout», Sindika Dokolo semble vouloir jouer un rôle clé dans son pays, même s'il nie toute ambition politique. Marié depuis 2002, à Isabel Dos Santos, la fille du président angolais sortant, l'homme d'affaires et mécène congolais a été condamné en RDC à un an de prison pour faux et usage de faux dans une affaire immobilière.


Sindika Dokolo, 45 ans, posait récemment main dans la main avec deux grandes figures de l'opposition congolaise: Moïse Katumbi et le fils de l'opposant historique Félix Tshisekedi.  Interrogé par l'AFP sur ses ambitions politiques, l'élégant quadragénaire répond: «Certainement pas», excluant une «stratégie à la Macron», en référence à la conquête-éclair du pouvoir par le président français, âgé de 39 ans. 


Dans une vidéo de deux minutes, diffusée sur les réseaux sociaux, le 11 août 2017, le gendre du président angolais sortant Eudardo José Eduardo dos Santos, clame: «Si, comme nous, vous pensez que la RDC souffre d’avoir été trahie par ses dirigeants, devenez un Congolais debout».

Pour une «alternance en 2017»
Grâce à une «maîtrise des nouvelles technologies et du marketing en ligne», les adhésions au mouvement sont enregistrées sur une plateforme en ligne, explique à Jeune Afrique Cédric Mala, un de ses coordonnateurs. Plaidant pour une «alternance en 2017», l'intiative se veut ouverte aux membres de tous les partis politiques et à toutes les organisations de la société civile, précise le journal.

Dautres mouvements émanant de jeunes de la société civile, non violents et non-partisans, comme Lucha à Goma, et Filimbi à Kinshasa, ont vu le jour pour mettre la pression sur le pouvoir. L'action répressive de l'Etat congolais à leur égard explique leur pouvoir limité, souligne Jeune Afrique«Ce qui a effrayé les autorités est clairement notre profil de jeunes cadres éduqués», confirment des leaders de Filimbi au centre de recherche indépendant Grip.

Née d'une mère danoise et d'un père banquier (Augustin Dokolo), l'homme d'affaires et collectionneur d'art critique ouvertement, depuis le début de l'année 2017, le président Joseph Kabila. Son dernier mandat constitutionnel a expiré en décembre 2016, alors qu'aucune élection n'a encore été organisée pour lui désigner un successeur.

Proximité affichée avec Joao Lourenço 
La condamnation de Sindika Dokolo, en RDC, dans une affaire immobilière l'empêche de revenir dans son pays d'origine, tout comme son allié politique Katumbi. Le quadragénaire se dit victime d'une «intimidation dans le but de (le) décourager (de se) présenter aux élections», dénonce-t-il.

Courant juillet, en Angola, Dokolo a tenté d'afficher une proximité avec le dauphin du président dos Santos et grand favori des élections générales du 23 août 2017, Joao Lourenço, en saluant «sa maîtrise profonde du dossier RDC» en tant que ministre de la Défense. 


L'Angola veut «éviter que l'affaiblissement de ce grand voisin ne crée de l'instabilité dans la sous-région», analyse le gendre du président angolais sortant.

Proximité avec l'opposant Katumbi 
Son épouse, Isabel, est considérée comme la femme la plus riche d’Afrique. Surnommée «La Princesse», elle a été propulsée par son père en 2016 à la tête de la société pétrolière d’Etat Sonangol. S'il assure que son militantisme se fait indépendamment de sa famille, selon Jeune AfriqueDokolo ne cache pas sa proximité avec l’homme d’affaires et opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle congolaise pour laquelle aucune date n'est encore fixée.