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Australie,  Asie-Pacifique

Réchauffement climatique, un tiers de la Grande barrière de corail se meurt

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 01/06/2016 à 09H28

Plongée sur Grande barrière corail
Un tiers du récif coralien serait en train de disparaître en raison du réchauffement climatique. © Reuters

C’est à l’issue d’une campagne de survol que les scientifiques lancent cette alerte. La Grande barrière de corail se meurt. Sur 84 récifs étudiés, les scientifiques estiment que plus du tiers des coraux sont morts ou sont en passe de mourir.


Du ciel, on aperçoit de grandes taches blanches. Le corail se décolore, preuve de son stress, voire de sa mort
Les scientifiques précisent que c’est la troisième fois en 18 ans qu’un épisode de blanchissement est constaté. «L'épisode actuel est beaucoup plus extrême que ce que nous avions mesuré auparavant», indique le professeur Terry Hughes, expert des récifs coralliens.
 
La mortalité n’est pas irréversible, mais il faut compter une dizaine d’années pour voir une reconquête par les coraux. Encore faut-il que la cause disparaisse. En l’occurrence, la hausse de la température de l’eau. Le blanchissement se produit en effet quand l'eau est trop chaude, ce qui force les coraux à expulser des algues vivantes, entraîne une calcification et les fait devenir blancs.
 
Autre menace, la Grande barrière est également attaquée par les rejets agricoles (des produits phytosanitaires) lors du ruissellement des pluies, ainsi que par la prolifération d’étoiles de mer.
 
L'extension des mines de charbon en Australie ne garantit pas non plus l'avenir de la zone écologique. Greenpeace n'y va pas par quatre chemins.«Les investissements dans le charbon près de la Grande Barrière équivalent à la destruction du plus grand récif corallien du monde», écrit l'ONG.
 
La Grande barrière est aussi au cœur d’une polémique. En 2015, l’Unesco voulait la placer sur la liste des sites en péril. Mais un lobbying puissant de Canberra a fait retirer toute référence à l’Australie sur les ravages du réchauffement climatique. Il faut savoir que le site, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, représente des recettes touristiques de cinq milliards de dollars australiens (3,2 milliards d'euros) chaque année. Bref le pays des kangourous entend rester le paradis naturel vanté.
 
La Grande barrière est un paradis de biodiversité de 345.000 km². Les lieux comptent près de 2900 récifs et 900 îles. Surtout, ils abritent des milliers d’espèces animales ou végétales. 1500 poissons différents, 400 variétés de corail dur. 134 espèces de requins et de raies. 30 mammifères marins dont le célèbre et très menacé dugong.