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Espagne,  Europe

Référendum interdit en Catalogne: les indépendantistes devant les juges

Par Jacques Deveaux@GeopolisFTV | Publié le 06/02/2017 à 09H17, mis à jour le 06/02/2017 à 09H17

Membres l'Assemblée catalane célébrant «vote» 9 novembre 2014
Membres de l'Assemblée catalane célébrant le «vote» du dimanche 9 novembre 2014. © ALBERT SALAMÉ / NOTIMEX

C’est un procès étonnant qui se tient à Barcelone ce 6 février 2017. Sur le banc des accusés se tient l’ancien président de la Catalogne, Artur Mas. Avec deux autres élus il est accusé de désobéissance pour avoir organisé le référendum de consultation sur l’indépendance en 2015. Un nouvel épisode du bras de fer entre le pouvoir central de Madrid et les indépendantistes catalans.


Le 9 novembre 2014, plus de deux millions de Catalans (40% du corps électoral) se prononçaient sur l’avenir de leur région, et 80% d’entre eux voulaient qu’elle devienne indépendante. Une consultation rejetée par Madrid, au prétexte que la Constitution espagnole ne reconnaît pas ce genre de consultation, selon le Tribunal constitutionnel.
 
Organiser une telle consultation plaçait ses initiateurs hors la loi. Et en toute logique, l’ancien président du gouvernement de Catalogne (Generalitat de Catalunya), Artur Mas, l’ancienne vice-présidente de ce gouvernement, Joana Ortega, et l’ancienne conseillère d’Education, Irene Rigau, ont été inculpés pour avoir organisé la consultation. Le procureur demande pas moins de dix ans d’inéligibilité pour Mas et neuf ans pour ses co-inculpées.
 

Artur Mas
Artur Mas, ancien Président du gouvernement régional de Catalogne photographié en 2016. © PAU BARRENA / AFP

Le bras de fer continue donc entre les indépendantistes et le pouvoir central de Madrid. Ainsi, plusieurs associations se sont mobilisées pour soutenir Artur Mas et appellent à manifester devant la Cour suprême de justice de Catalogne le 6 février. Et l’exécutif catalan ne renonce pas à organiser un nouveau référendum en septembre 2017. Un référendum tout aussi interdit que le précédent.
 
Le 3 février, le ton est encore monté d’un cran. Le représentant du Gouvernement à Barcelone, Enric Millo, a déclaré que l’autonomie de la Catalogne pourrait être suspendue en appliquant l’article 155 de la Constitution. «Si une partie de la Nation décide d’agir contre l’Etat, évidemment il y a des façons de se défendre.» Dans cet esprit, il a prévenu le président de la Generalitat, Carles Puigdemont, que le Gouvernement central «est prêt à réagir avec fermeté et proportionnalité à n'importe quelle action illégale».

Coup de bluff ? Certains journaux parlent également de la volonté de Madrid d'interdire de tenir des bureaux de vote dans les écoles, en cas de référendum. Le gouvernement s'est refusé à tout commentaire et a appelé au dialogue.